Le diabète n'est pas un long fleuve tranquille. Le blog de A.B.D - Le groupe des Personnes Diabétiques de Bruxelles hébergé Eklablog
Méconnu du grand public, le reflux gastro-oesophagien (RGO) toucherait entre 30 et 45 % de la population française au moins une fois par mois. Certaines personnes souffrent d’épisodes plusieurs fois par jour. Mais de quoi s’agit-il exactement et quelles en sont les causes ? Comment le diagnostiquer ? Comment l’éviter ?
Le reflux gastro-oesophagien (RGO) est en fait une remontée liquide d’une partie de l’estomac vers l’oesophage. Ce phénomène s’accompagne d’un symptôme fréquent de remontées brûlantes et acides vers la gorge. Il est plus fréquent après les repas ou lorsque la personne est allongée.
Une enquête menée par la Society Research International pour le compte d’Astrazeneca a été effectuée sur 5 000 patients européens (France, Allemagne, Suède, Angleterre et Italie). Les résultats1 ont permis de démontrer que parmi la population française :
Face à de tels chiffres, on estime que 30 à 45 % de la population occidentale présente des symptômes de RGO au moins une fois par mois et
5 à 10 % quotidiennement. On peut ajouter à ces chiffres les formes atypiques de cette pathologie. N’entraînant pas de symptômes caractéristiques, ces cas échappent aux enquêtes.
On se trouve ainsi face à un problème ayant un impact notable sur la qualité de vie d’un grand nombre de personnes. Les experts de la conférence de consensus datant de janvier 1999 estiment que
"le RGO constitue un problème important de santé publique en raison de sa prévalence élevée, de son
évolution chronique et du recours fréquent aux soins qu’il génère".
On a longtemps considéré le reflux comme un trouble mineur de l’estomac dû aux habitudes alimentaires (nourriture en excès ou trop épicée), au stress ou à un mode de vie inadapté. Mais aujourd’hui, on sait qu’il s’agit plutôt d’un trouble d’origine neurologique. Le mécanisme principal du RGO est un trouble de la relaxation d’un muscle du sphincter inférieur de l’oesophage. Ce dérèglement serait responsable de près de 80 % des cas de RGO. Chez la plupart des malades, les reflux se produisent de temps en temps alors que chez d’autres, ils peuvent être à l’origine de symptômes douloureux.
La hernie hiatale (passage d’une partie de l’estomac au-dessus du diaphragme, dans le thorax) ne représente qu’un facteur aggravant du RGO et non la principale cause comme on l’a longtemps cru.
Parmi les facteurs favorisant, on peut noter que les femmes enceintes pour des raisons anatomiques sont plus sujettes au RGO. L’alcool, des repas irréguliers, trop gras ou trop copieux, la prise de certains médicaments ainsi que le stress pourraient favoriser les symptômes du RGO. Enfin, le tabac et un poids excessif peuvent également jouer un rôle mais ces hypothèses restent encore aujourd’hui controversées.
Pour les personnes souffrant de RGO, il est préférable de ne pas se coucher dès la fin du repas et de surélever la tête du lit si possible.
Dans la plupart des cas, le diagnostic ne nécessite pas d’examen particulier. Les symptômes typiques (pyrosis avec régurgitations acides) suffisent à justifier un traitement pour réduire l’acidité et la douleur. On ne pratiquera une fibroscopie que si :
La fibroscopie ne permet pas d’établir à proprement parler le diagnostic mais elle rend compte des lésions occasionnées par les remontées d’acide le long de l’oesophage (oesophagite). En cas d’absence de lésions, une pH-métrie oesophagienne (mesure de l’acidité) est recommandée.
David Bême
1 - Gut reactions, pan european perspective on GERD. Research International Ltd.
2 - Psychiatry Clin Neurosci 2001 Jun;55(3) : 255-6
Traitements des troubles gastriques (remontées acides, RGO, ulcère)
Ballonnements, remontées acides, crampes abdominales, gargouillis... Qui ne s'est jamais plaint d'un mal de ventre ? Le
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