Le diabète n'est pas un long fleuve tranquille. Le blog de A.B.D - Le groupe des Personnes Diabétiques de Bruxelles hébergé Eklablog
Trop souvent on traduit le
mot " arthrose " par un " c'est-normal-à-mon-âge " désabusé. Si le vieillissement est une réalité incontournable, l'arthrose n'est pas une fatalité mais une maladie, certes liée à l'âge, mais dont les complications se préviennent et se soignent, pour
peu que l'on s'en soucie...Pour commencer, il faudra sûrement balayer quelques vieilles convictions...
L’arthrose correspond à l’ensemble des affections douloureuses et invalidantes liées à la destruction du cartilage articulaire. De fréquence considérable, elle représente, avec les démences, la
principale cause de perte d’autonomie des seniors, bien avant les conséquences des maladies
cardiovasculaires ou du diabète. S’il est vrai qu’elle n’est pas fatale, elle reste souvent incurable, entraînant de lourds retentissements médicaux et sociaux.
Les os et les articulations se transforment avec l’âge, c’est un fait. Mais ces transformations n’empêcheront jamais de marcher. L’arthrose, par contre, est une maladie ostéo-articulaire aux
conséquences parfois catastrophiques pour la mobilité et la qualité de vie. Il faut donc la distinguer du processus normal de vieillissement. Cette idée ne semble pas si facile à intégrer, vu le
retard important de prise de conscience, comparativement aux autres maladies chroniques comme le diabète ou l’asthme.
Alors que la raideur ou les douleurs font peu à peu renoncer aux efforts physiques, rendant parfois même la marche difficile, certains peuvent supposer que seul le repos absolu pourra les
soulager. Cependant, s’il est juste d’économiser une articulation, il ne faut pas cesser de l’utiliser convenablement.
La rééducation fonctionnelle dans le cadre de la coxarthrose (arthrose de hanche) ou de la gonarthrose (arthrose du genou) a fait la preuve de son efficacité. N’oublions pas qu’une articulation
se compose d’os, mais aussi de ligaments et de muscles. La réalisation régulière d’exercices physiques, dirigés par un kinésithérapeute, permet le plus souvent de lutter contre les manifestations
douloureuses, d’entretenir la mobilité articulaire, d’entretenir les muscles et d’éviter l’apparition d’attitudes vicieuses.
Le traitement médicamenteux de l’arthrose a beaucoup progressé les dernières années, c’est évident. Mais il n’est plus l’unique réponse. La chirurgie de remplacement articulaire reste pour la hanche et le genou une solution extrême, mais de plus en plus maîtrisée et dont les indications ne cessent de s’affiner. La rééducation fonctionnelle, et c’est plus récent, présente elle aussi un intérêt notoire. Le très sérieux American College of Rheumatology (ACR) en fait même une recommandation dans la prise en charge de cette maladie.
La douleur, la gène lors des mouvements sont relativement maîtrisées par des médicaments antalgiques et les anti-inflammatoires. La prescription, habituellement de courte durée, peut se faire au long cours lorsque la maladie est douloureuse et invalidante en permanence. Attention quand même aux effets indésirables, à l’automédication, aux associations dangereuses : l’âge rend plus fragile, les reins et l’estomac devenant particulièrement sensibles aux anti-inflammatoires.
Certains médicaments vont ralentir la dégradation de l’articulation, en protégeant le cartilage, de façon à stabiliser la fonction articulaire. Le but est de retarder ou d’éviter une intervention chirurgicale. Les résultats sont assez encourageants.
Aujourd’hui, comme le prouvent les études cliniques, on ne peut plus se contenter des médicaments : la façon dont on se conduit en tant que malade a autant d’importance. Sans un comportement adapté à la situation, leur efficacité risque d’être médiocre. À contrario, des efforts réguliers potentialisent l’effet positif des médicaments, augmentent les bénéfices. La rééducation fonctionnelle, une hygiène de vie saine (avec activité physique ajustée et la perte de quelques kilos si nécessaire), sont autant d’éléments indispensables à une bonne prise en charge du problème.
C'est tous les jours que vous pouvez lutter contre l'installation du handicap. La prise régulière des médicaments est une chose, mais elle ne suffira pas à régler l'ensemble des problèmes. Les
traitements dits non-médicamenteux sont indissociables pour obtenir de bons résultats, mais demandent un effort personnel à ne pas sous estimer.
Dr Stéphanie Lehmann
03/04/2002
http://www.e-sante.fr/sante-personne-agee-arthrose-genou-hanche-seniors-halte-idees-recues-NN_5312-111-10.htm