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Le diabète n'est pas un long fleuve tranquille. Le blog de A.B.D - Le groupe des Personnes Diabétiques de Bruxelles hébergé Eklablog

Des réponses et des questions : Les édulcorants

 

Les édulcorants :

Des réponses à vos questions

 

G. Dufourny , Maître-assistant dans le département diététique à l’HELDB – Institut ArthurHaulot

N. Ben Abdelkader et V. Fayt, diététiciens.

 

 

Les édulcorants sont des substances dont le rôle est de donner une saveur sucrée aux denrées alimentaires auxquelles ils sont ajoutés.

La saveur sucrée ou pouvoir sucrant d’un édulcorant est définie par rapport à celle du *saccharose (sucre de table ou sucre ordinaire).

 

Comme le montre le tableau ci-dessous, il existe parmi les additifs alimentaires, deux catégories d’édulcorants : les édulcorants «de masse » et les édulcorants  «intenses ».

Les édulcorants dit «de  masse » ont un pouvoir sucrant inférieur ou égal à celui du sucre blanc, tandis que les édulcorants «intenses » ont un pouvoir sucrant plus élevé, pouvant atteindre jusqu’à trois mille fois celui du saccharose.

 

Type d’édulcorant

 

Pouvoir sucrant

 

Sucre blanc

1

Edulcorants de masse

0,3 à 1

Edulcorants intenses

30 à 3000

 

Les édulcorants de «masse » sont représentés par six polyols. Il s’agit du sorbitol (E420), du mannitol (E421), du maltitol (E965), de l’isomalt (E953), du lactitol (E966) et du xylitol (E967). Ces substances sont énergétiques, (c’est à dire qu’elles apportent en moyenne 2,4 kcal par gramme). Les polyols influencent peu la glycémie. Leur consommation doit rester entre 30 et 50 grammes par jour pour les adultes afin d’éviter un effet laxatif (1,2,3). Cependant ces doses sont variables selon la tolérance individuelle, ce qui nous amène à penser que la consommation maximale pour les enfants, qui sont en général moins tolérants que les adultes, est d’environ 30 grammes par jour.

Ces édulcorants sont non cariogènes (n’entraînent donc pas de caries dentaires).

 

Le groupe des édulcorants intenses est représenté par six substances autorisées par la législation belge. Celles ci sont : l’acésulfame K (E950), l’aspartame (E951), le cyclamate (E952), la saccharine (E954), la thaumatine (E957) et la néohespéridine DC (E959). Ces édulcorants induisent un plaisir du goût sucré, sont sans effet sur la glycémie et l’insulinémie, ne provoquent pas de caries dentaires et n’augmentent pas l’appétit. Les édulcorants intenses sont virtuellement acaloriques, ce qui signifie que la dose qu’il faut ajouter à une denrée alimentaire pour pouvoir bénéficier de la saveur sucrée est si infime que la valeur énergétique apportée est insignifiante. Etant donné cette quasi inexistence d’apport énergétique, les édulcorants intenses peuvent aider le consommateur à diminuer son apport énergétique total et jouent donc, de ce fait, un rôle sur la perte de poids.

 

Il est recommandé de ne pas dépasser la dose journalière acceptable (DJA) afin d’éviter tout risque d’effet toxique. Cette DJA est une estimation de la quantité d’additif alimentaire qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute la vie sans risque appréciable pour la santé. La DJA est définie par un comité d’experts européens et mondiaux sur les additifs alimentaires.

 

 

Comme l’indique le tableau suivant, les DJA varient selon les édulcorants ;

 

Edulcorant

 

DJA

 

Aspartame

 

40 mg / kilo de poids corporel / jour

Acésulfame K

 

0 à 9 mg / kilo de poids corporel / jour

Cyclamate

 

0 à 7 mg / kilo de poids corporel / jour

Néohespéridine DC

 

0 à 5 mg / kilo de poids corporel / jour

Thaumatine

 

?

Saccharine

 

0 à 5 mg / kilo de poids corporel / jour

Remarques :

 

1) En ce qui concerne les polyols, la législation belge indique «Quantum satis », ce qui signifie «quantité illimitée ». La notion «une consommation excessive peut induire des effets laxatifs » doit cependant figurer sur l’étiquetage des denrées où la dose d’incorporation est supérieure à 10 %.

 

2) La législation belge signale que les édulcorants ne peuvent pas être utilisés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge.

 

3) Il est à retenir que l’aspartame est source de phénylalanine et doit être défendu pour les patients phénylcétonuriques.

En considérant qu’une patiente de 60 kg consomme journellement :

4 tasses de café ou de thé par jour accommodées de 2 comprimés d’édulcorant / tasse ;*

1 yaourt nature sucré avec 3 c.àc. d’édulcorant en poudre ;

2 cannettes de limonade light ;

200 g de préparation de fruit à valeur énergétique réduite. ???

Quelle est la quantité d’édulcorant qu’elle consomme ?

Cas n° 1

La patiente utilise pour édulcorer sa boisson et son yaourt, des produits à base d’aspartame. Un comprimé apporte 18 mg d’aspartame et une cuillère à café d’édulcorant en poudre contient 15 mg de cet édulcorant. La limonade light et la préparation de fruit à valeur énergétique réduite renferme également cette substance. La quantité maximale d’aspartame autorisée dans ces boissons est de 600 mg / L. Dans les préparations de fruit à valeur énergétique réduite la législation européenne et belge tolère une dose maximale de 1000 mg / kg, d’aspartame.

 

La quantité d’aspartame consommée par cette patiente est la suivante :

 

 

Aliments

Quantité d’aliments

Quantité d’aspartame (mg)

café ou thé

 

300 ml

0

comprimés

 

8

144

Edulcorant en poudre en càc

 

 

3

 

45

2 cannettes de limonade light

 

 

660 ml

 

360

Préparation de fruits

 

200

200

 

Total / jour

 

 

749

 

 

La patiente consomme 749 mg d’aspartame par jour soit 1/3 de la dose journalière acceptable (40 mg / kg de poids corporel / jour, soit 2400 mg dans le cas précité.) Pour atteindre cette DJA, une personne de même poids devrait consommer par jour, par exemple, 3 litres de limonade light (1800 mg d’aspartame) et 33 comprimés d’aspartame (594 mg d’aspartame).

 

Cas n° 2

 

La patiente utilise pour édulcorer sa boisson et son yaourt, des produits à base de saccharine. Un comprimé renferme 4 mg de saccharine et un ml d’édulcorant liquide apporte 8 mg de cet édulcorant. La limonade light et la préparation de fruit à valeur énergétique réduite contiennent également cette substance. La quantité maximale de saccharine autorisée dans ces boissons est de 80 mg / L. Dans les préparations de fruit à valeur énergétique réduite la législation européenne et belge tolère une dose maximale de 200 mg / kg de saccharine.

 

La quantité de saccharine consommée par cette patiente est la suivante :

 

 

Aliments

Quantité d’aliments

Quantité d’aspartame (mg)

café ou thé

 

300 ml

0

comprimés

 

8

32

Edulcorant en poudre en càc

 

 

1 ml

 

8

2 cannettes de limonade light

 

 

660 ml

 

53

Préparation de fruits

 

200

40

Total / jour

 

133

 

 

La patiente consomme 133 mg de saccharine par jour. La dose journalière acceptable est de 0 à 5 mg / kg de poids corporel / jour, soit 0 à 300 mg dans le cas précité. Pour atteindre cette DJA, une personne de même poids devrait consommer par jour, par exemple, 2 litres de limonade light (160 mg de saccharine) et 35 comprimés de saccharine (140 mg de saccharine).

 

Nous voyons, par ces deux exemples, que la quantité d’un édulcorant autorisé dans les denrées alimentaire est fonction de la DJA de cet édulcorant et de la consommation moyenne des denrées alimentaires par la population.  

Les édulcorants peuvent être consommés de deux manières différentes : soit tels quels par le consommateur lui-même, soit lors de la consommation de denrées alimentaires préemballées dans lesquelles l’industrie alimentaire les a ajoutés.

 

Les édulcorants utilisés par le consommateur :

 

Les édulcorants utilisés par le consommateur se présentent sous forme de poudre ou de granulés*, de liquide ou de pastille.

 

Sous forme de poudre le consommateur peut retrouver :

 

Marque

 

Type

d’édulcorant

d’édulcorant

Canderel

Aspartame

Champion

Aspartame

Cora

Aspartame

Delhaize

Aspartame

Fit’n Sweet (Colruyt)

Aspartame

GB-Carrefour

Aspartame

Prodia

Aspartame et acésulfame K

Sweet’n Low

Acésulfame K

Sanaform (Aldi)

Aspartame

Sweetner (Delhaize)

Aspartame et acésulfame K

 

 

Les édulcorants de table à base d’aspartame ne peuvent pas être utilisés pour des préparations chaudes car l’aspartame se dégrade à des températures supérieures ou égales à 120°C.????

Les édulcorants en poudre peuvent être utilisés pour édulcorer des préparations à base de céréales, des yaourts, des fruits,…

 

Sous forme de pastilles* :

 

Marque

 

Type

d’édulcorant

d’édulcorant

Canderel

Aspartame

Champion

Aspartame

Cora

Aspartame

Delhaize

Aspartame

Otiform (Champion)

Aspartame

Cologran (Lidl)

Saccharine et cyclamate

Süssli

Saccharine et cyclamate

 

Les édulcorants sous forme de pastilles* sont généralement utilisés pour donner une saveur sucrée aux boissons telles que le café, le thé,…

 

Sous forme liquide :

 

Marque

 

Type

d’édulcorant

d’édulcorant

Céréal starline (novartis)

Saccharine et cyclamate

Delhaize

Saccharine et cyclamate

Optiform (Champion)

Saccharine et cyclamate

 

Les édulcorants à base de saccharine et de cyclamate résistent très bien à la chaleur et peuvent donc être utilisés pour des préparations chaudes ou froides. Ces édulcorants liquides sont utilisés pour la cuisson de préparations comme le pudding, les crêpes, les cakes, les compotes de fruits,…de même que pour les préparations froides comme les salades de fruits, les jus de fruits, les yaourts…

 

Les édulcorants présents dans les denrées alimentaires préemballées :

 

Les édulcorants, qu’ils soient de masse ou intenses, entrent dans la composition de diverses denrées alimentaires. Selon la Directive n° 94/35/CE et l’ Arrêté Royal du 17 février 1997 concernant les édulcorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires, ceux-ci sont autorisés dans les boissons, les produits céréaliers, les desserts, les confiseries, les produits de boulangeries, les produits laitiers, les conserves de fruits,… Ils sont également permis dans des conserves de poissons, des sauces, des conserves de légumes, des potages ou de la moutarde. Nous pouvons dire que les édulcorants sont omniprésents dans notre alimentation.

 

L’étiquetage :

 

La législation belge oblige que les informations suivantes figurent  sur l’étiquette de tout produit contenant un ou plusieurs édulcorants :

 

Catégories de denrées alimentaires

 

Mention

 

Denrées alimentaires contenant un ou des édulcorant(s) autorisé(s).

 

«avec édulcorant(s) ».

Denrées alimentaires contenant à la fois du ou des sucre(s) ajoutés et un ou des édulcorant(s) autorisés.

 

«avec sucre(s) et édulcorant(s) ».

Denrées alimentaires contenant de l’aspartame.

 

«contient une source de phénylalanine ».

Denrées alimentaires avec une teneur en polyols supérieure à 10 %.

 

« une consommation excessives peut avoir des effets laxatifs ».

 

Conclusion :

Les édulcorants sont des additifs qui jouent le rôle d’une alternative au sucre de table (ou saccharose). Ils possèdent des caractéristiques différentes selon qu’ils soient «intenses » (virtuellement acaloriques, sans effets sur la glycémie…) ou «de masse » (caloriques, effets sur la glycémie…).

Ils peuvent être consommés par le consommateur soit tels quels soit lors de la consommation de denrées alimentaires préemballées dans lesquelles l’industrie alimentaire les a ajoutés.

Une consommation excessive de polyols peut avoir un effet laxatif.

Les édulcorants contenant de l’aspartame sont une source de phénylalanine et doivent être défendus pour les patients phénylcétonuriques.

 

Bibliographie :

1) Dupin, H. et coll. – Alimentation et Nutrition Humaines – ESF édition 1992 – pg 1053.

2) Manfred et Nicole Moll – Additifs alimentaires et auxiliaires technologiques, 2e édition

    Dunod – 1998.

3) pour voir le site Edulcorant DiabSurf

4) Arrêté Royal du 17 février 1997 concernant les édulcorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires

5) Arrêté Royal du 15 janvier 1975 concernant les sucres

6) Arrêté Royal du 13 septembre 1999 relatif à l’étiquetage de denrées alimentaires  préemballées

7) Directive n° 94/35/CE du Parlement Européen et du Conseil du 30 juin 1994 concernant les édulcorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires     01.12.02

http://www.diabete-abd.be/dufourny_edulcorant.htm

En pratique, consomme-t-on beaucoup d’édulcorants ?

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