Le diabète n'est pas un long fleuve tranquille. Le blog de A.B.D - Le groupe des Personnes Diabétiques de Bruxelles hébergé Eklablog
Deux à 4 % des adultes sont allergiques à des aliments de nature diverse. Pour la première fois, des pneumologues français ont montré que ces allergies s'associent, dans plus de la moitié des cas chez l'adulte, à des modifications des bronches. Entre les allergies aux aliments et l'asthme, les différences seraient donc plus ténues...
Les allergies alimentaires sont fréquentes. Chez les jeunes enfants, elles se développent souvent en réaction à des protéines du lait de vache, du blanc d’oeuf et à des substances contenues dans les cacahuètes. Chez les adultes, toutes sortes d’aliments peuvent être impliqués.
Le travail* mené par l'équipe du Pr. Benoît Wallaert à Lille, a été effectué chez 19 femmes et 16 hommes adultes, âgés en moyenne de 34 ans. Ces personnes présentaient toutes des
allergies à des légumes comme les carottes, les céleris, les tomates ou à des fruits tels que les kiwis, les bananes, les pêches ou les fraises. Ces allergies se manifestaient par une maladie
inflammatoire de la peau assez banale, l'urticaire, des troubles digestifs de type maux d'estomac ou diarrhée mais aussi parfois
par des réactions plus graves comme un oedème du larynx ou même des signes de choc
anaphylactique.
Deux groupes de patients ont été constitués :
L’allergie est d'origine alimentaire, mais les bronches sont aussi touchées
Les pneumologues de Lille s’attendaient à ce que les adultes ayant présenté dans le passé un asthme ou un rhume allergique développent une réaction exagérée des bronches à l’administration d’une molécule, la méthacholine. Cette dernière provoque leur rétrécissement et, par voie de conséquence, une diminution des capacités d’expiration.
Si ce test s’est avéré positif chez de tels patients, la surprise a concerné le second groupe. Bien que n’ayant jamais développé d’allergie respiratoire, ses membres présentaient une réactivité exagérée et durable des bronches dans des proportions assez élevées (10 réponses positives sur 19 dans cette population de malades, soit 53 %, contre 13 sur 16 dans le premier groupe de patients, soit 81 %).
Pour le Pr. Benoît Wallaert, l'explication réside dans le fait “qu’une réponse commune de l’ensemble des muqueuses digestive et bronchique peut se développer face à un allergène”. En faveur de cette hypothèse, les données d’une étude effectuée il y a quatre ans par l’équipe lilloise. En effet, celle-ci avait montré que les asthmatiques présentent des anomalies de la muqueuse digestive et se plaignent souvent de problèmes gastro-intestinaux.
Le phénomène pathologique se produit donc dans les deux sens. Les adultes allergiques à un aliment ont des bronches anormalement réactives, même s'ils ne se plaignent pas pour autant de difficulté à respirer. Et, symétriquement, les asthmatiques ont un tube digestif plus sensible à l’inflammation.
Des perturbations de l'équilibre des cellules immunitaires pourraient expliquer cet état de fait chez ces deux types de patients allergiques.
“Les 35 adultes de l’étude vont aujourd’hui être suivis sur le plan clinique et respiratoire, notamment pour déterminer s’ils développent un asthme”, précise le Dr Thierry Perez qui a également participé à ce travail.
La question à laquelle tentent de répondre les pneumologues de Lille est, en effet, de savoir si une réactivité exagérée des bronches sans antécédent de maladie respiratoire favorise, chez ces malades allergiques aux aliments, le développement ultérieur d’un asthme. Une réponse positive permettrait d’envisager un traitement préventif pour ces patients.
Dr Corinne Tutin
* European Respiratory Journal, decembre 2000, vol. 16, n° 6.
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http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag1229/dossier/sa_3182_allergies_bronche.htm