• Magnésium : médicaments et compléments alimentaires

    Lorsqu’on est petit consommateur de magnésium, ou qu’on ressent déjà les signes d’une déficience, un complément de magnésium s’avère utile. Quelques conseils pour faire le choix parmi les nombreuses spécialités à base de magnésium

    L’apport conseillé en magnésium est de 6 mg par kilo de poids et par jour, soit en moyenne 360 mg pour les femmes et 420 mg pour les hommes. Les adolescents, les femmes enceintes ou qui allaitent, doivent majorer ce chiffre de 25 à 40 mg.

    Pas assez de magnésium pour la majorité des Français

    Magnésium : médicaments et compléments alimentairesLes études de consommation montrent que les Français sont loin des apports conseillés. L’étude SUVIMAX, menée de 1994 à 2003, indique un apport moyen de 280 mg pour les femmes, et de 370 mg pour les hommes1. Dans cette étude, 23 % des femmes et 18 % des hommes ont un apport inférieur aux 2/3 de l’apport conseillé, c’est-à-dire qu’ils sont en situation de déficience avec le risque de conséquences sur la santé. L’étude de l’INRA en 2004, plus pessimiste, évalue l’apport moyen des Français de plus de 15 ans à 224 mg2.

    Il y a plusieurs raisons à ce déficit en magnésium. Tout d’abord, nous mangeons moins qu’autrefois, et l’apport en magnésium est généralement proportionnel à l’apport énergétique (ce qui explique pourquoi les femmes consomment moins de magnésium que les hommes). Ensuite, nous mangeons peu des aliments les plus riches en magnésium : fruits de mer, produits céréaliers complets, légumes secs, fruits secs oléagineux. Enfin, les végétaux contiennent globalement moins de magnésium qu’il y a quelques années, car les sols sont appauvris.

    Un complément de magnésium : pour qui ?

    Il est possible d’atteindre l’apport conseillé en magnésium en combinant habilement les aliments concentrés en magnésium, les eaux minérales magnésiennes (fournissant plus de 50 mg de magnésium par litre), et en faisant la part belle aux fruits et légumes frais. De plus, l’apport conseillé est un chiffre de sécurité, destiné à satisfaire les besoins de 97,5 % de la population, ce qui signifie que certains individus peuvent très bien se porter avec un apport un peu inférieur.

    Toutefois, le magnésium sous forme de compléments est particulièrement intéressant :

    • Pour les personnes dont l’apport énergétique est réduit (par manque d’appétit, ou dans le cadre d’un régime minceur), ou qui consomment peu d’aliments concentrés en magnésium (par dégoût ou intolérance) ;
    • Pour les sportifs, dont le besoin en magnésium peut être, selon le type et l’intensité de l’entraînement, accru de 10 à 20 % ;
    • Pour toutes les personnes présentant les signes d’un manque de magnésium : fatigue, petite déprime, anxiété irritabilité, difficultés à la concentration, asthénie musculaire, crampes.
    • En prévention cardiovasculaire, beaucoup d’études vont dans le sens d’un bon apport en magnésium.

    Magnésium : médicament ou complément alimentaire ?

    Il existe de nombreuses spécialités à base de magnésium, essentiellement sous forme de comprimés ou d’ampoules, vendues sous le statut de médicament, ou de complément alimentaire. La différence réside surtout dans le remboursement par la Sécurité Sociale : certains des médicaments sont encore pris en charge à hauteur de 35 %, à condition bien-sûr d’être prescrits par un médecin. Le dosage en magnésium de tous ces produits allant de 50 à 300 mg, la posologie varie. Quand on a de fortes chances d’être déficient en magnésium, et qu’on le ressent, on peut se baser sur une supplémentation de 5 mg par kilo de poids et par jour (300 mg si on pèse 60 kg)3. Il est souhaitable de ne pas consommer plus de 350 mg de magnésium par jour, en supplément de l’apport conseillé (par exemple, pas plus de 710 mg si on pèse 60 kg)4.

    L’idéal est de choisir un produit comportant simultanément de la vitamine B6, qui améliore l’assimilation et les actions du magnésium : l’apport quotidien conseillé est de 1,5 mg pour les femmes, 1,8 mg pour les hommes (il ne faut pas dépasser 6,5 à 6,8 mg par jour alimentation et complément conjugués)4.

    Selon les compléments alimentaires ou les médicaments, le magnésium peut avoir de multiples formes chimiques. Bien qu’on observe des différences d’un individu à l’autre, il semble qu’il soit mieux assimilé lorsqu’il est sous forme de sel organique : gluconate, citrate, pidolate, lactate, glycérophosphate, que sous forme d’oxyde ou de chlorure5,6. Chez les personnes les plus sensibles, la supplémentation en magnésium peut accélérer le transit, voire provoquer de la diarrhée. Dans ce cas, il est conseillé de tester une autre forme de magnésium, et de réduire la dose.

    Magnésium : avec ou sans prescription médicale ?

    Quand on fait de soi-même une cure de magnésium, il faut s’assurer d’une amélioration (par exemple, disparition de la fatigue ou de crampes) au bout d’un mois maximum, et si ce n’est pas le cas consulter son médecin. Après un mois de supplémentation à raison de 300 à 400 mg de magnésium par jour, si on se sent mieux, on peut réduire la dose de moitié afin simplement de compléter l’alimentation pour atteindre l’apport conseillé. Il est possible dans ce but d’utiliser un complément alimentaire multivitaminé, certains apportent jusqu’à 120 mg de magnésium par comprimé.

    Enfin, si on se met au magnésium sans consulter son médecin, il faut avoir en tête certains points importants. Les compléments de magnésium sont déconseillés en cas d’insuffisance rénale. Pour qu’ils soient bien assimilés, il faut décaler leur prise de 2 à 3 heures avec les compléments de calcium, potassium, manganèse, bore, et avec les anti-acides.

    Enfin, ils peuvent être contre-indiqués lorsque l’on prend certains diurétiques, certains antibiotiques (aminosides, tétracyclines), certains médicaments du coeur (digitaline, quinidine), de la cisplatine (anti-cancéreux), des biphosphonates (contre l’ostéoporose). Si on a un traitement en cours, le mieux est de prendre conseil auprès de son médecin ou de son pharmacien.

    Florence Daine - Le 14 août 2008

    1 - SUVIMAX : étude de supplémentation en vitamines et minéraux, 1994-2003.
    2 - INRA (Institut National de Recherche Agronomique). Etude de l’alimentation totale française : mycotoxines, vitamines, et éléments-traces. 2004.
    3 - Cholé-Doc 54, 1999.
    4 - CNERNA-AFSSA. Apports nutritionnels conseillés pour la population française. Lavoisier. 2001.
    5 - Magnesium Research, 16 (3), 183-191, 2003.
    6 - Magnesium Research, 18 (4), 215-223, 2005.


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    http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/vitamines_mineraux/magnesium/articles/12445-magnesium-complements-alimentaires-medicaments.htm

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  • REVUE EUFIC 06/2010

    La meilleure invention depuis le pain en tranches ? - Présentation des avantages des aliments transformés

    1. Introduction et définitions

    Nous transformons tous des aliments lorsque nous préparons les repas pour nous-mêmes et notre famille et quasiment tous les aliments subissent une transformation avant d’être prêts à consommer. Certains aliments sont du reste dangereux s’ils sont mangés sans être correctement transformés au préalable. La définition la plus élémentaire de la transformation alimentaire est « une chaîne d’opérations visant à rendre les denrées alimentaires brutes propres à la consommation, la cuisson ou le stockage ». La transformation des aliments englobe toute action transformant ou convertissant des matières végétales ou animales brutes en produits alimentaires sûrs, mangeables et plus savoureux. Dans la fabrication alimentaire à grande échelle, la transformation implique l’application de principes scientifiques et technologiques ralentissant ou freinant les processus naturels de décomposition en vue de la conservation des aliments. Elle permet aussi de modifier la qualité gustative des aliments d’une manière prévisible et maîtrisée. La transformation s’appuie également sur le potentiel créatif de l’entreprise de transformation pour transformer des matières premières brutes en aliments savoureux attractifs qui introduisent une diversité intéressante dans le régime alimentaire des consommateurs. Sans transformation, il serait impossible de satisfaire les besoins des populations urbaines modernes et le choix d’aliments serait limité par les saisons.
     
    Le terme « aliments transformés » est souvent teinté d’une connotation négative, qui laisserait penser que les aliments transformés sont inférieurs dans une certaine mesure aux aliments non transformés. Il est toutefois important de garder à l’esprit que la transformation des aliments est utilisée depuis la nuit des temps afin de conserver les aliments, ou tout simplement de les rendre comestibles. La transformation peut améliorer, mais aussi dégrader, la valeur nutritionnelle des aliments, quelquefois les deux à la fois. Elle permet également de conserver les nutriments qui auraient autrement été perdus pendant le stockage. Par exemple, les haricots crus ne sont pas comestibles et le simple fait de les chauffer (de les bouillir) les rend comestibles en détruisant ou en désactivant les facteurs antinutritionnels qu’ils contiennent. Le fait de faire bouillir les légumes mène certes à une perte de vitamine C, mais il permet dans le même temps de libérer certains composés bioactifs bénéfiques tels que la bêta-carotène dans les carottes, qui serait moins disponible lors de la digestion car la chaleur détruit les parois cellulaires de la plante.
     
    Depuis des siècles, les aromates ont une fonction utile pour divers aliments. Ainsi, nos ancêtres utilisaient le sel pour conserver la viande et le poisson, ajoutaient des herbes et des épices pour améliorer le goût de la nourriture, conservaient les fruits dans du sucre et plaçaient les légumes en saumure dans une solution à base de vinaigre. À l’heure actuelle, les consommateurs réclament et apprécient des aliments nutritifs, sûrs, pratiques et variés. Les méthodes de transformation (par ex., les additifs alimentaires et les avancées technologiques) rendent tout cela possible. Les additifs servent à une fin particulière, que ce soit pour garantir la sécurité alimentaire, pour augmenter la valeur nutritionnelle ou pour améliorer la qualité des aliments. Ils jouent un rôle important dans la préservation de la fraîcheur, de la sûreté, du goût, de l’aspect et de la texture des aliments. Par exemple, les antioxydants empêchent les graisses et huiles de rancir, alors que les émulsifiants empêchent le beurre d’arachide de se scinder en deux parties : solide et liquide. Les additifs alimentaires retardent la formation de moisissure dans le pain et « gélifient » la confiture pour qu’elle s’étale plus facilement.
     
    2. Historique
     
    Les êtres humains transforment les aliments depuis plusieurs siècles (voir tableau 1). Les techniques traditionnelles les plus anciennes étaient le séchage au soleil, la salaison de la viande et du poisson ou la conservation des fruits dans du sucre (l’équivalent de nos confitures). Ces différents processus reposent sur le principe que la réduction de la quantité d’eau dans le produit augmente sa durée de conservation. Plus récemment, les innovations technologiques dans le domaine de la transformation ont permis de diversifier considérablement l’offre que nous trouvons actuellement dans les rayons de nos supermarchés. En outre, la transformation permet aux fabricants de proposer des produits améliorés sur le plan nutritif (les « aliments fonctionnels »), auxquels des ingrédients ont été ajoutés pour offrir des avantages pour la santé qui dépassent la simple nutrition.

    2.1 Histoire de la mise en conserve

    La conserve fut inventée au début du XIXe siècle, alors que les troupes de Napoléon étaient menacées d’un sérieux manque de nourriture. En 1800, Napoléon Bonaparte proposa une récompense de 12 000 francs à quiconque trouverait une méthode pratique de conservation des aliments pour les armées en marche. Napoléon aurait affirmé que « Une armée marche à son estomac ». Après plusieurs années d’expérimentation, Nicolas Appert proposa un procédé de son invention qui consistait à sceller des aliments dans des bocaux en verre avant de les cuire, pour lequel il se vit attribuer la récompense en 1810. L’année suivante, il publia « L’Art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales », premier livre de cuisine en son genre sur les méthodes modernes de conservation des aliments. Également en 1810, l’Anglais Peter Durand appliqua le procédé d’Appert à divers contenants en verre, céramique, fer-blanc ou autres métaux et obtint le premier brevet de mise en conserve du roi George III. La boîte de conserve moderne était née.

    2.2 Histoire de la congélation

    L’industrie du surgelé moderne fut lancée par Clarence Birdseye aux États-Unis en 1925. Fourreur du Labrador, il remarqua que les filets de poisson laissés par les Inuits à geler rapidement dans la rigueur de l’hiver arctique conservaient mieux le goût et la texture du poisson frais que le poisson congelé à des températures plus élevées à d’autres périodes de l’année. L’élément clé de la découverte de Birdseye était l’importance de la vitesse de congélation. Il mit au point un équipement industriel destiné à congeler rapidement les aliments. Nous savons maintenant que, allié à un traitement adéquat avant la congélation, cette congélation rapide permet de garantir une excellente préservation de la valeur nutritive d’un grand nombre d’aliments.
     
    Tableau 1. Développement chronologique des techniques de transformation des aliments
     
    Transformation traditionnelle
     
    Procédés plus récents
    (à partir de 1900)
    Techniques modernes
    (après 1960)
    Mise en conserve Fermentation Congélation
    Cuisson-extrusion
    Lyophilisation
    Séchage à l’étuve
    Congélation et réfrigération
    Pasteurisation
    Traitement par lumière pulsée
    Mise en saumure
    Stérilisation
    Irradiation
    Salaison
    Ultra Haute Température (UHT)
    Champs magnétiques
    Fumage
     
    Traitement par micro-ondes
    Séchage au soleil
     
    Conditionnement sous atmosphère modifiée
     
     
    Chauffage ohmique
     
     
    Champs électriques pulsés
     
     
    Traitement thermique par atomisation
     
     
    Ultra-sonification
     
     
    3. Principaux avantages des aliments transformés

    3.1 Appétibilité et améliorations sensorielles

    Pratiquement tous les aliments subissent une transformation avant d’être prêts pour la consommation. Cela peut se résumer simplement à peler une banane ou à faire bouillir une pomme de terre. Les produits tels que le blé nécessitent toutefois un traitement élaboré avant de devenir appétissants. Dans un premier temps, le grain est récolté, l’enveloppe, la tige, les saletés et les débris sont éliminés. Le grain nettoyé est ensuite généralement cuit ou broyé en farine, puis souvent transformé en un autre produit, comme le pain ou les pâtes.
     
    La qualité organoleptique de certains aliments est directement améliorée par les techniques de transformation. Par exemple, les haricots cuisinés tirent leur texture crémeuse du traitement thermique appliqué lors de la mise en conserve. Les produits extrudés et soufflés comme les céréales pour petit-déjeuner ou les chips seraient quasiment impossibles à produire sans équipement de transformation des aliments moderne à grande échelle.

    3.2 Qualité nutritionnelle préservée et améliorée

    Les procédés tels que la congélation préservent les nutriments présents naturellement dans les aliments. D’autres techniques, comme la cuisson, peuvent quelquefois augmenter la valeur nutritionnelle en rendant les nutriments plus disponibles. Par exemple, la cuisson et la mise en conserve de tomates pour en faire du concentré rend le lycopène, composé bioactif, plus disponible pour l’organisme. Lorsqu’elle est menée avec soin, la transformation du cacao et du chocolat préserve les niveaux de flavonoïdes comme l’épicatéchine et les catéchines. Leur teneur peut cependant être réduite dans des conditions de transformation médiocres. Le lycopène et les flavonoïdes ont des propriétés antioxydantes qui, selon certaines études, contribuent à une bonne santé cardiaque et à la réduction du risque de contracter certains cancers.
     
    Les chercheurs étudient actuellement la possibilité de manipuler la digestibilité des nutriments par la transformation, en vue de créer des aliments à apport nutritif élevé. Il semble, par exemple, que l’homogénéisation du lait peut réduire la taille des gouttelettes de graisse, les caséines et certaines protéines de lactosérum. Cela confèrerait une meilleure digestibilité que le lait non traité. De précédentes études montrent que la manipulation de la structure des triglycérides (squelettes de base des graisses) peut également avoir une incidence sur la digestibilité des graisses, ce qui réduirait le risque de maladie cardiovasculaire après leur ingestion. 

    3.3 Sécurité

    De nombreuses techniques de transformation garantissent la sécurité des aliments en réduisant le nombre de bactéries pouvant entraîner des maladies (par ex. la pasteurisation du lait). Le séchage, la saumure et la fumaison réduisent l’activité de l’eau (l’eau disponible pour la croissance bactérienne) et modifient le pH des aliments, restreignant la multiplication des microorganismes pathogènes et d’altération et retardant les réactions enzymatiques. D’autres techniques telles que la mise en conserve, la pasteurisation et le traitement UHT détruisent les bactéries grâce à la chaleur.
     
    Un autre avantage de la transformation est la destruction des facteurs antinutritionnels. Par exemple, la cuisson détruit les antiprotéases comme l’inhibiteur de la trypsine que l’on trouve dans les pois, les haricots ou les pommes de terre. Il s’agit de petites protéines globulaires qui inhibent l’action des enzymes digestives humaines, la trypsine et la chymotrypsine, indispensables à la dissolution des protéines alimentaires. Si elles sont présentes dans les aliments, elles peuvent en réduire la valeur nutritionnelle. Il a été démontré que, à fortes doses, elles sont toxiques sur l’animal et certaines études montrent des résultats similaires chez l’homme. Une cuisson prolongée détruit également les lectines nocives présentes dans les légumineuses telles que les haricots rouges. Celles-ci provoquent l’agglutination des globules rouges et, si elles ne sont pas détruites avant la consommation, entraînent des gastroentérites, nausées et vomissements sévères. 

    3.4 Conservation, commodité et choix

    La transformation des aliments permet d’augmenter la durée de conservation des aliments (aliments périssables tels que viande, lait et produits dérivés). Le conditionnement en atmosphère modifiée permet de garder plus longtemps des fruits et légumes à la maison, ce qui diminue la fréquence d’achat de produits frais et réduit le pourcentage de perte. Des méthodes sophistiquées de stockage et de conditionnement augmentent la commodité pour le consommateur.
     
    La transformation nous permet de bénéficier d’un régime varié, adapté au rythme et à la pression de notre société moderne. Les gens voyagent de plus en plus à l’étranger pendant leurs vacances et découvrent un plus grand choix de saveurs et de types d’aliments. Les individus changent également leurs habitudes et nombre d’entre eux choisissent de ne pas cuisiner les aliments intégralement. Afin de répondre aux attentes de leurs clients, les fabricants produisent des aliments sophistiqués d’une qualité équivalente à celle d’un restaurant ou en provenance de pays éloignés, que nous pouvons cuisiner et déguster chez nous.
     
    Les aliments du monde occidental proviennent de cinq récoltes principales : le riz, le blé, le maïs, l’avoine et la pomme de terre. L’ensemble des caractéristiques auquel nous sommes habitués provient de ces cinq aliments de base associés aux techniques modernes de transformation. Par conséquent, nous pouvons affirmer que nous sommes habitués à une diversité d’aliments produite à partir d’une gamme réduite d’espèces végétales. Cette transformation des matières premières brutes ne serait pas possible sans la technologie alimentaire moderne. 

    3.5 Réduction des inégalités et des inquiétudes sanitaires

    Les études montrent que les personnes à faibles revenus ont une alimentation moins variée, ce qui se traduit par un apport réduit en nutriments et un équilibre nutritif moins bon. L’enrichissement de certains produits comme la farine, le pain et les céréales pour petit-déjeuner a réduit le nombre de personnes en Europe dont l’équilibre nutritif est médiocre. En outre, la préservation de nutriments grâce à des procédés comme la congélation permet à ceux qui n’ont pas accès à une telle diversité d’aliments d’augmenter leur équilibre nutritif à partir du choix d’aliments réduit à leur disposition.
     
    Les maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, l’obésité et le diabète peuvent être en partie gérée par des stratégies alimentaires. Les fabricants ont par conséquent appliqué les techniques de transformation des aliments pour proposer aux consommateurs des versions allégées en matières grasses, ou sans matières grasses, de nombreux aliments et repas. L’exemple le plus simple est la production de lait demi écrémé, dont la graisse est retirée lors de la transformation : la crème est écumée après centrifugation. Le taux de matière grasse des aliments peut également être réduit par l’adjonction d’eau ou d’autres ingrédients destinés à remplacer une partie de la graisse et à réduire la densité d’énergie. Les margarines à teneur réduite en graisse en sont un bon exemple. L’ajout d’eau donnant un produit plus périssable, les produits à teneur réduite en matière grasse peuvent contenir des stabilisants et conservateurs supplémentaires afin de conserver leur durée de vie et stabilité d’origine. Outre les produits allégés en matière grasse, la transformation des aliments permet désormais de produire des versions allégées en sel, en sucre et à teneur en fibres élevée de nombreux aliments, ce qui permet aux consommateurs de faire des choix alimentaires adaptés à leur état de santé.
     
    4. Différentes méthodes de transformation 

    4.1 Traditionnelles

    4.1.1 Chauffage
    La température de l’aliment est amenée à un niveau qui permet d’inhiber le développement de bactéries, de désactiver les enzymes ou même de détruire des bactéries viables. Les méthodes de cuisson humides classiques sont le blanchiment, l’ébullition, la cuisson à la vapeur et à pression. Les méthodes de cuisson sèche sont la cuisson au four, la friture et le rôtissage. Dans les techniques plus récentes, la chaleur est appliquée par radiation électromagnétique, par exemple les micro-ondes.
     
    Les techniques à Ultra Haute Température (UHT) sont largement utilisées dans l’industrie alimentaire. Elles consistent à chauffer l’aliment à ≥135 °C pendant au moins une seconde, puis à le refroidir brusquement afin de détruire tous les microorganismes.
     
    La pasteurisation consiste à chauffer l’aliment à au moins 72 °C pendant au moins 15 secondes afin d’éliminer la plupart des agents pathogènes transmis par la nourriture, puis à le refroidir rapidement à 5 °C.
     
    4.1.2  Refroidissement
    La température de l’aliment est réduite de manière à ralentir sa détérioration, soit en retardant le développement bactérien, soit en désactivant les enzymes provoquant leur dégradation. Les méthodes de refroidissement classiques sont la réfrigération, à des températures avoisinant 5 °C, et la congélation, avec des températures inférieures à -18 °C (inférieures à -196 °C dans les congélateurs commerciaux). Plus la température est basse, plus les aliments peuvent être stockés en toute sécurité. Cependant, les changements importants de température sur des périodes prolongées peuvent entraîner des pertes de nutriments et une décomposition des structures des aliments qui provoquent une réduction importante de la nature et de la valeur nutritionnelle de l’aliment.
     
    4.1.3 Séchage
    En séchant, le contenu en eau des aliments végétaux est réduit à un niveau tel que les réactions biologiques (telles que l’activité enzymatique et la croissance microbienne) sont inhibées, et la probabilité d’une détérioration de l’aliment est ainsi réduite. Le séchage peut prendre la forme d’une lyophilisation (par ex. les herbes et le café), d’un traitement thermique par atomisation (par ex. le lait en poudre), d’un séchage au soleil (par ex. tomates, abricots) ou d’un séchage en tunnel (par ex. légumes en morceaux).
     
    4.1.4 Additifs alimentaires
    L’adjonction de sucre ou de sel aux aliments est utilisée depuis la nuit des temps comme méthode de conservation de la nourriture. Elle repose sur le principe que les additifs réduisent l’activité de l’eau des aliments conservés, ce qui empêche le développement des organismes responsables de leur détérioration. Il est également possible de ralentir ou de freiner le développement de certains microorganismes et de les tuer en modifiant le pH de la nourriture (par ex. en ajoutant un acide comme le vinaigre pour la saumure).
     
    Le nombre d’additifs utilisés a augmenté avec l’importance croissante de la transformation des aliments dans notre chaîne alimentaire depuis le XIXe siècle. Les additifs peuvent être naturels, identiques aux naturels, ou artificiels. Tous les additifs contenus dans les aliments transformés doivent être autorisés par l’organisme de réglementation national chargé de la sécurité alimentaire dans chaque pays. La quantité et les types d’additifs contenus dans les aliments sont strictement limités et tout additif doit figurer sur la liste des ingrédients figurant sur l’emballage. En Europe, les additifs autorisés portent le préfixe « E » d’Europe, par ex. E330 correspond à l’acide citrique. L’acide citrique fut isolé pour la première fois en 1784 par le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele, qui le cristallisa à partir de jus de citron.

    4.2 Avantages des nouvelles technologies

    Nombre des méthodes traditionnelles de conservation entraînent des pertes inévitables de niveaux de nutriments et peuvent avoir des conséquences négatives sur la nature du produit lors de la transformation. Les technologies récentes, souvent qualifiées de « traitements minimaux », visent à produire des aliments sûrs, d’une qualité nutritionnelle supérieure, et dotés de qualités organoleptiques et de conservation élevées. Chaque nouveau procédé est testé en profondeur afin de s’assurer que ses effets sur la valeur nutritionnelle sont totalement mesurés.
     
    4.2.1 Traitement aux micro-ondes
    Le traitement aux micro-ondes consiste en un chauffage par radiation, par opposition aux techniques plus classiques de chauffage par convection ou par conduction. Les micro-ondes sont transmises efficacement dans l’eau mais pas par le plastique ni le verre, elles sont reflétées par les métaux. C’est l’oscillation des molécules d’eau dans la nourriture qui entraîne son réchauffement. L’eau n’étant généralement pas répartie équitablement dans un aliment, il est indispensable de remuer de temps en temps pour assurer un chauffage uniforme et une manipulation sûre de l’aliment. La cuisson par micro-ondes est une méthode rapide, qui nécessite un ajout réduit d’eau et entraîne par conséquent une perte de nutriments moindre que d’autres formes de cuisson.
     
    4.2.2 Préparation/stockage/conditionnement sous atmosphère modifiée
    La préparation en atmosphère modifiée peut être définie comme « l’emballage de produits alimentaires sous film étanche aux gaz dans lequel l’environnement gazeux est modifié ». L’atmosphère dans laquelle les aliments sont préparés, conditionnés ou stockés subit des modifications contrôlées destinées à inhiber le développement de bactéries. Les gaz employés sont généralement l’oxygène, le gaz carbonique et l’azote. Ce type de conditionnement peut se faire sous vide ou par l’introduction d’un gaz pendant l’emballage. Une évolution récente de ce procédé consiste à adopter un conditionnement actif, dans lequel l’atmosphère change en permanence pendant la durée de conservation du produit. Des films absorbant l’oxygène ou émettant du gaz carbonique par exemple peuvent être utilisés. La réduction des niveaux d’oxygène et l’augmentation du gaz carbonique inhibent la croissance microbienne.
     
    La viande, le poisson et le fromage sont autant de produits qui « ne respirent pas » et qui nécessitent des films très peu perméables aux gaz pour conserver le mélange initial de gaz dans l’emballage. En outre, l’interaction du film de conditionnement avec le produit est importante pour les produits « qui respirent », tels que les fruits et les légumes. Il est possible d’adapter la perméabilité au gaz du film d’emballage à la respiration du produit, de manière que l’équilibre du mélange gazeux se fasse dans le conditionnement et que la durée de conservation du produit soit allongée.
     
    4.2.3 Irradiation
    Le traitement par rayonnement ionisant est un type particulier de transfert d’énergie au cours duquel la quantité d’énergie transférée est suffisamment élevée pour provoquer l’ionisation. Il permet d’agir sur les processus biologiques et de les interrompre afin d’augmenter la durée de conservation des produits frais. Il peut également servir à stériliser les matériaux d’emballage. Les effets biologiques bénéfiques de l’irradiation sont l’inhibition de la germination, le retardement du mûrissement et l’élimination des insectes. Sur le plan microbiologique, l’irradiation supprime les microorganismes pathogènes et ceux qui entraînent la détérioration. Le principal avantage de l’irradiation est qu’elle passe dans les aliments, tue les microorganismes, mais puisqu’elle ne chauffe pas la nourriture, elle n’a qu’un effet marginal sur la composition nutritionnelle. Les protéines et les glucides peuvent être décomposés dans une certaine mesure, mais leur valeur nutritionnelle en est peu affectée.
    La réglementation européenne en matière d’alimentation (1999/2/EC et 1999/3/EC) stipule que le traitement à radiation ionisante d’un aliment est autorisé uniquement si:
    • le besoin technologique est raisonnable 
    • il ne présente aucun danger pour la santé 
    • il est bénéfique pour les consommateurs 
    • il n’est pas utilisé en remplacement des pratiques liées à l’hygiène et à la santé ou des bonnes pratiques de fabrication ou agricoles.
    Dans le respect de la réglementation européenne, il doit être indiqué clairement sur l’étiquette qu’un aliment est irradié ou contient des ingrédients irradiés.
     
    4.2.4 Chauffage ohmique
    Il s’agit d’un traitement thermique au cours duquel la chaleur est générée en interne par le passage en alternance de courants électriques dans l’aliment, lequel agit comme une résistance électrique. Ce procédé est également connu sous le nom de « chauffage par résistance », ou de « chauffage direct par résistance ». Il ne s’appuie pas sur le transfert d’énergie par des particules d’eau et il constitue par conséquent un développement important pour chauffer efficacement les aliments à faible teneur en eau et en particules. C’est une méthode à haute température et de courte durée (HTST) qui limite les possibilités de surtraitement à haute température et les éventuelles pertes de nutriments associées. Un autre avantage du chauffage ohmique est qu’il respecte la structure délicate de certains aliments, comme les fraises.
     
    4.2.5 Ultra haute pression
    La technologie de la haute pression soumet les aliments à des pressions de l’ordre de 100 à 1 000 mégapascal, généralement pendant 5 à 20 minutes. Elle permet l’inactivation des microorganismes, la modification des biopolymères provoquant par exemple la formation de gel et la conservation de caractéristiques telles que la couleur, la saveur et les nutriments. Elle possède la capacité unique d’agir directement sur les liaisons non covalentes (comme les liaisons hydrogènes, ioniques et hydrophobiques) sans impact sur les liaisons covalentes, sans recourir à la chaleur. En conséquence, elle permet de conserver les vitamines, pigments et les composants de saveur tout en inactivant les microorganismes ou les enzymes qui pourraient avoir un effet négatif sur la fonctionnalité de la nourriture en raison de la détérioration des aliments.
     
    4.2.6 Impulsions lumineuses
    Cette méthode recourt à des éclats intermittents de lumière blanche (20 % d’UV, 50 % de visibles et 30 % d’infrarouges) avec une intensité déclarée équivalente à 20 000 fois celle du soleil à la surface de la Terre. La fréquence standard des pulsations est de un à vingt éclairs par seconde. Celles-ci réduisent fortement la surface des microorganismes lorsqu’elles sont appliquées à la viande, au poisson et aux produits de boulangerie. Cette technique, idéale pour la décontamination de la surface des matériaux d’emballage, fonctionne mieux sur des surfaces lisses, exemptes de poussière.
     
    4.2.7 Champs électriques pulsés
    Ce procédé implique l’application de courtes pulsations répétées d’un champ électrique à haute tension (10 à 50 kV/cm) sur un fluide pompable circulant entre deux électrodes. Il ne fait pas appel à l’électricité pour produire de la chaleur, mais il inactive les microorganismes en brisant la paroi et les membranes des cellules exposées à des pulsations à haute tension. Cette technique est principalement utilisée dans le cas de produits réfrigérés ou à température ambiante. Étant appliquée pendant une seconde ou moins, elle n’entraîne pas le chauffage du produit. C’est pourquoi elle présente des avantages sur le plan nutritionnel par rapport aux procédés thermiques classiques qui détériorent les nutriments sensibles à la chaleur.
     
    5. Effets de la transformation sur la qualité nutritionnelle
     
    La transformation des aliments peut entraîner une amélioration, ou une détérioration, de leur valeur nutritionnelle. Les procédés de préparation simples dans la cuisine domestique mènent inévitablement à une dégradation des cellules des aliments végétaux, qui entraîne une dissolution des vitamines et minéraux essentiels. Cependant, si nous prenons garde à la façon dont nous transformons les aliments et que nous sélectionnons une nourriture transformée diversifiée, celle-ci peut jouer un rôle important dans un régime nourrissant et équilibré. À la différence de l’environnement domestique, les fabricants ont à leur disposition des méthodes de transformation rapides qui entraînent un minimum de pertes de nutriments. De plus, les procédés auxquels ils ont recours leur permettent de libérer des nutriments positifs (tels que la lycopène lors de la cuisson des tomates) ou d’éliminer les composants inquiétants (comme les lectines des légumineuses).

    5.1 Vitamines et minéraux

    Les vitamines sont au nombre de 13 et sont indispensables pour l’organisme en petites quantités. Quatre sont solubles dans la graisse (A, D, E et K), les neuf autres dans l’eau (vitamines des groupes C et B). Aucun aliment ne contenant toutes les vitamines à la fois, un régime équilibré et varié est indispensable pour un apport adéquat. La transformation affecte les différentes vitamines de diverses manières. Par exemple, les vitamines solubles dans l’eau ont tendance à être plus sensibles à la transformation et sont souvent partiellement perdues lors des traitements thermiques. Cependant les nouveaux procédés « non thermiques » tels que le chauffage ohmique ou le traitement à ultra haute pression permettent de préserver les vitamines, car ils soumettent les aliments à des températures moindres (si elles sont utilisées) et les procédés sont courts. Dans certains cas, les aliments transformés contiennent plus de vitamines que les produits frais. Par exemple, les légumes surgelés quelques heures après leur cueillette ont une teneur supérieure en vitamine C à celles des légumes frais, car une quantité plus importante de vitamine C est perdue au cours d’une conservation au réfrigérateur qu’au congélateur.
     
    Les minéraux sont des éléments inorganiques dont notre organisme a besoin en petites quantités, généralement présents en quantités suffisantes dans un régime varié classique. La transformation peut avoir d’importants effets bénéfiques sur la teneur en minéraux des aliments. Par exemple, les phytates contenus dans les céréales complètes inhibent l’absorption de fer et de zinc mais au cours de la fermentation sont produits des enzymes qui dégradent les phytates et augmentent l’apport en fer et en zinc dans la pâte.
     
    Divers aliments sont désormais enrichis de vitamines et minéraux en guise de mesure de santé publique. Les céréales pour petit-déjeuner prêtes à consommer contiennent souvent du fer ajouté. Elles sont ainsi devenues l’une des principales sources de fer dans le régime des jeunes femmes, car leur consommation de viande rouge a chuté (celle-ci contient naturellement des quantités élevées de fer facilement absorbé). La carence en fer est l’un des manques de nutriments les plus importants en Europe, qui concerne jusqu’à 30 % des jeunes femmes. Les céréales pour petit-déjeuner et les farines sont additionnées dans certains pays d’acide folique, afin d’augmenter l’apport de folate chez les femmes en âge de procréer. Il est en effet reconnu que le manque de folate au cours de la grossesse augmente le risque de malformation du tube neural (spina bifida) du fœtus.

    5.2 Glucides et fibres

    En ce qui concerne les mono et les oligosaccharides, la dégradation qui se produit à des températures jusqu’à celle utilisée dans le traitement UHT est faible, mais plusieurs réactions peuvent avoir un impact sur la qualité nutritionnelle. Par exemple, certains sucres peuvent voir leur structure moléculaire modifiée pendant le chauffage, ce qui peut affecter leur digestibilité. Cela peut être avantageux pour diminuer la présence d’oligosaccharides indigestibles (comme le stachyose ou le raffinose présent dans les légumineuses et certains autres aliments) qui entraînent une flatulence en cas de consommation importante.
     
    Une étude approfondie est en cours pour connaître les effets de la transformation sur la solubilité et la digestibilité de certaines fibres et amidons comme l’amidon résistant. Une faible digestibilité peut s’avérer avantageuse car il a été démontré que les glucides à libération lente peuvent réduire l’augmentation des taux de sucre et d’insuline dans le sang consécutive à un repas. Ces taux excessifs sont associés au développement d’une résistance à l’insuline, précurseur du diabète de type II. Il a été démontré que la cuisson-extrusion augmente la « solubilité » des fibres. Les fibres solubles telles que le β-glucane peuvent réduire les niveaux de cholestérol, diminuant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires.

    5.3 Matières grasses et protéines

    La plupart des graisses sont relativement stables lors de leur transformation. Cependant, les acides gras non saturés sont enclins à s’oxyder et à rancir pendant leur stockage. Le conditionnement en atmosphère modifiée, le conditionnement additionné d’antioxydants et le conditionnement aseptique peuvent augmenter considérablement la durée de stockage, et réduire ces préoccupations.
     
    Les protéines sont généralement dénaturées à des températures élevées, ce qui peut avoir un impact négatif sur la structure des aliments. Cela peut toutefois s’avérer avantageux sur le plan nutritionnel en raison de l’augmentation de la digestibilité des protéines. De nouvelles recherches passionnantes montrent également que les méthodes plus récentes de transformation des aliments, telles que la haute pression, l’application de champs électriques ou l’irradiation peuvent avoir une incidence sur les allergènes alimentaires. La destruction de protéines antinutritionnelles telles que l’avidine dans les œufs crus est bénéfique pendant la transformation car elle permet l’absorption de nutriments autrement liés. En effet, l’avidine se lie fortement à la biotine dans les œufs crus et, se faisant, bloque l’absorption de cette vitamine B. La liaison est éliminée lorsque l’avidine est dénaturée par le chauffage.

    6. Pourquoi les aliments transformés sont-ils si importants pour la société moderne ?

    Il est difficile de nos jours d’avoir un régime alimentaire basé uniquement sur des aliments frais, on transformés. La majeure partie des besoins alimentaires de notre famille est comblée par des produits transformés qui apportent de la variété à notre alimentation et ont un aspect pratique indéniable. Les aliments transformés permettent aux consommateurs de faire des courses moins fréquemment et de stocker une grande diversité d’aliments à partir desquels préparer des repas variés et nourrissants.
     
    De nombreux aliments transformés sont tout aussi nourrissants, voire dans certains cas plus, que les aliments frais ou cuisinés à la maison, selon la façon dont ils sont transformés. Par exemple, les taux de folate et de thiamine des haricots survivent mieux à la mise en conserve qu’au long trempage et à la cuisson nécessaires pour préparer les haricots s’ils sont secs. Les légumes surgelés sont généralement transformés quelques heures après la cueillette. La perte de nutriments est faible lors du processus de congélation et les légumes conservent des teneurs élevées en vitamines et minéraux. Les légumes frais, quant à eux, sont cueillis puis transportés au marché. Il peut s’écouler plusieurs jours ou semaines avant qu’ils atteignent notre table, et les vitamines sont progressivement perdues, quel que soit le soin avec lequel les légumes sont transportés et stockés. Le poisson en conserve est une bonne source de calcium, car il est souvent mis en boîte avec les arêtes et le traitement les ramollit et les rend plus comestibles.
     
    La consommation de divers aliments, qu’ils soient frais, surgelés, en boîte ou autre permet aux consommateurs d’absorber les apports quotidiens recommandés. Par exemple, les fruits en boîte, les jus et les smoothies, ainsi que les légumes surgelés représentent les « 5 portions de fruits et légumes par jour » préconisées. Les maîtres mots pour les consommateurs sont équilibre et variété. Aucun aliment ne fournit à lui seul suffisamment de nutriments pour survivre, et toutes les méthodes de transformation ont un impact différent sur les nutriments.
     
    7. Points essentiels concernant la transformation des aliments
    • L’être humain transforme les aliments - en les conservant pour une utilisation ultérieure et pour garantir leur sûreté - depuis des siècles.
    • La transformation des aliments permet d’augmenter la durée de conservation d’aliments périssables, ce qui élargit le choix et diminue la dépendance aux saisons.
    • Les pertes lors du stockage des aliments frais sont généralement supérieures à celles associées à la transformation, cette dernière pouvant améliorer la valeur nutritionnelle de certains aliments.
    • L’adjonction de nutriments aux aliments et boissons est adoptée à travers le monde en tant que mesure de santé publique. C’est un moyen économique de garantir la qualité nutritionnelle de l’alimentation.
    • Les fruits et légumes en boîte, frais et surgelés apportent tous les nutriments qui contribuent à une alimentation saine. La consommation exclusive de fruits et légumes frais ne permet pas de bénéficier des avantages nutritionnels fournis par les aliments transformés, qui comprennent la nourriture industrielle et les aliments préparés à la maison.
     
    Références et bibliographie
     
    Henry, C.J.K and Chapman, C. (2002). The nutrition handbook for food processors. Woodhead Publishing Ltd.
     
    International Food Information Council (2009). “FROM FARM TO FORK: QUESTIONS AND ANSWERS ABOUT MODERN FOOD PRODUCTION”. Accessible à l'adresse: http://www.foodinsight.org/Content/76/QandA-Mod%20Food%20Prod_9-1-09.pdf
     
    MacEvilly, C. and Peltola, K. (2003). The effect of agronomy, storage, processing and cooking on bioactive substances in food. In Plants, Diet and Health Ed. Gail Goldberg. Blackwell Science Publishing.
     
    Mills EN, Sancho AI, Rigby NM, Jenkins JA, Mackie AR. (2009). Impact of food processing on the structural and allergenic properties of food allergens. Molecular Nutrition & Food Research 53(8):963-969.
     
    Nutrition and Food Processing. British Nutrition Foundation Briefing Paper 1999.
     

    Paschke A. (2009). Aspects of food processing and its effect on allergen structure. Molecular Nutrition & Food Resea

    http://www.eufic.org/article/fr/technologie-alimentaire/preparation-aliments/expid/avantages-aliments-transformes/

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    • Mise à jour : samedi 18 juin 2011 07h00

    Verviers : « Ils ont tiré sur ma vache Marguerite et l’ont tuée ! »

    • Gil BIDOUL

    Touchée par plusieurs impacts de balles, Marguerite n’a pas survécu.

    VERVIERS - Vendredi matin, deux jeunes ont tiré pour s’amuser sur une des vaches d’Arthur Gotta, un agriculteur verviétois. Mais le pire a été évité.

    Arthur Gotta n’en revient toujours pas. Alors que cet agriculteur était en train de traire ses vaches, avec son frère, son épouse et son fils dans l’une de ses prairies, du côté du Jonckeu, une de ses 160 bêtes a été abattue !

    « Il était environ sept heures du matin et, pour une fois, ma femme était là aussi, avec le quad, pour rassembler les vaches », explique-t-il. « Nous avions pris trois remorques et j‘étais près de celle qui faisait le plus de bruit. Mais ça n’a pas empêché que j’entende un premier coup de feu. Je ne me suis pas effrayé. Puis j’ai entendu un deuxième, tout près. »

    Le fils de l’agriculteur s’en va alors voir près de la clôture. « Puis j’entends un troisième, un quatrième, un cinquième,… et je vois une vache qui s’effondre », raconte Arthur Gotta.

    Le sang de ce dernier ne fait qu’un tour. Il monte sur le quad et rejoint la route, afin de trouver le ou les auteur(s) des faits. Mais il ne croise qu’une voisine, « qui dit n‘avoir rien vu. »

    Entre-temps, la police de la zone Vesdre est appelée et arrive sur place. L’agriculteur, de son côté, continue les recherches, et tombe finalement sur un autre voisin « qui explique qu’il a entendu du bruit jusqu’à cinq heures du matin dans la maison inhabitée, à côté de chez lui », témoigne-t-il.

    Arthur Gotta interpelle alors deux jeunes qui se trouvaient dans le coin. « Ils m‘ont dit qu’ils avaient vu monter des jeunes, mais je sais que c‘est impossible. Je ne les ai pas crus et ils ont fini par avouer les faits, une fois que la police est arrivée près de nous », indique l’agriculteur qui a perdu une de ses vaches, mais bien conscient que la situation aurait pu être bien plus dramatique encore.

    « Ils ont tiré à une vingtaine de mètres. Pour le même prix, ils pouvaient tout aussi bien atteindre ma femme, qui se trouvait à quelques mètres seulement de la vache abattue. Le papa d’un des auteurs souhaite me rencontrer, pour me présenter ses excuses et indemniser la perte de Marguerite, la vache de mon fils. Celle-ci était une jeune bête en pleine lactation. Cette perte se chiffre à plusieurs milliers d’euros », conclut l’agriculteur verviétois.¦

    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20110618_00014432&_section=61407357&utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=daily&utm_content=general-news

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  • INSOLITE

    Herve: des renardeaux sauvés à la crèche

    • Jean-Louis rensonnet

    Le savez-vous ? Au début de leur vie, Maman Renarde allaite ses petits qui, à la naissance, ne sont pas plus gros que des pamplemousses…

    HERVE - Une famille nombreuse de renards qui avait élu domicile dans un terrier sur le site de la crèche communale a été sauvée de manière exemplaire.

    Une belle opération de sauvetage a eu pour cadre mercredi le site « Sur le Try » où crèche, entre autres, « Les Canaillous » ! L’aboutissement d’un processus environnemental de préservation de la nature entamé depuis de longues semaines… Flash-back !

    Au sortir de l’hiver, l’existence d’un terrier est découverte à proximité de la crèche communale hervienne. Une série de mesures sont prises, notamment d’observations, le Département de la Nature et des Forêts (DNF) étant mis à contribution, histoire, dans un premier temps, d’identifier les « habitants » du terrier… Ce qui est relativement vite fait. C’est une renarde qui a choisi cette planque pour mettre bas ses renardeaux…

    Que faire ? La chasser ? Tuer ses petits ? Emmurer la famille vivante ? Des solutions radicales qu’on se refuse d’appliquer, on s’en félicite, dans le chef de la Ville de Herve. Au contraire, l’option protectrice des animaux est choisie, quand bien même l’espèce concernée n’est pas en péril. Mais, c’est sûr, « on n’est pas des assassins »(sic) comme nous le glisse un intervenant dans ce dossier qui aurait pu faire un… Disney à une époque.

    Résultat, on laisse toute la petite famille animalière tranquille, d’autant que les allées et venues de Dame Renard pour nourrir sa progéniture n’est nullement porteuse de danger, ne croisant pas l’aire de jeux extérieure dévolue aux enfants de la crèche.

    Et puis, on sait, fois de spécialistes, qu’il ne faudra patienter que quelques semaines encore avant que les renardeaux ne puissent enfin se libérer de leur cocon et prendre la clé des champs environnants…

    Un timing qui se confirme voici quelques jours, au prix de nouvelles observations, la famille renard est bel et bien maîtresse de ses mouvements.

    De quoi appliquer la décision de condamner le terrier, mieux toute velléité de retour sur le site, maintenant et dans le futur, par exemple pour finaliser une nouvelle mise à bas… Ce qui explique, mercredi, un certain déploiement de forces d’intervention, DNF, pompiers de Herve, Désinfection Philippe Wegnez… sur le site. Et notamment l’utilisation de fumigènes, histoire de s’assurer qu’il n’y avait pas un petit dernier renardeau en train de flemmarder dans le terrier !

    Il n’en était rien et on pouvait non seulement murer le terrier mais plus encore ceinturer et boucher de planches tout espace qui aurait pu être récupéré par l’un ou l’autre animal.

    « À aucun moment les enfants n’ont été en danger, l’entrée vers le terrier n’était pas à un endroit dangereux pour les enfants, il était éloigné de leur aire de jeux » aime préciser l’échevine Nicole Roumans (PS) qui nous a confirmé nos informations. « C’est pourquoi on voulait les protéger et qu’on l’a fait dans les règles de l’art, tout en appliquant un devoir de précaution ».¦

    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20110617_00014033&utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=daily&utm_content=local-news&ID=112969&POSTALCODE=1200

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  • Soins médicaux imprévus

    Couverture médicale dans l'UE lors de brefs séjours

    La carte européenne d'assurance maladie

    Avant de vous rendre dans un autre pays de l'UE pour un bref séjour - pour affaires, vacances ou études - demandez une carte européenne d'assurance maladie à votre organisme d'assurance maladie. Cette carte vous permettra de bénéficier de tous les soins de santé dont vous pourriez avoir besoin durant votre séjour.

    Elle prouve que vous avez droit à des soins médicaux et constitue la preuve matérielle que vous êtes assuré dans un pays de l'UE.

    Si vous tombez malade lors d'un séjour à l'étranger, la carte européenne d'assurance maladie vous permet de bénéficier des soins de santé publics dans les mêmes conditions que les personnes assurées dans le pays en question. Vous pouvez donc aller consulter un médecin local.

    Sachez que les ressortissants de pays non membres de l'UE ne peuvent utiliser leur carte européenne d'assurance maladie pour bénéficier d'un traitement médical au Danemark.
    En outre, les ressortissants bulgares et roumains ne peuvent pas actuellement utiliser leur carte européenne d'assurance maladie en Suisse.

    Dans le cas peu probable où votre carte européenne d'assurance maladie serait refusée, vous pouvez demander de l'aide.

    Même si vous n'avez pas votre carte européenne d'assurance maladie avec vous, vous avez droit aux soins de santé. Les modalités de paiement et de remboursement pourront toutefois être plus compliquées. En cas d'urgence - si vous êtes hospitalisé, par exemple - votre organisme local d'assurance maladie peut vous aider en envoyant par fax ou par courriel un certificat provisoire de remplacement.

    Histoire vécue

    • Sécurité sociale à l'étranger: mieux vaut se renseigner avant de partir

      Anna est couverte par l'assurance maladie obligatoire d'un pays de l'UE («pays A») et passe quelque mois dans un autre pays de l'UE («pays B») pour terminer ses études. Elle est en possession de sa carte européenne d'assurance maladie, qui lui a été délivrée par le pays A. Elle est enceinte et accouchera dans le pays B. La grossesse et l'accouchement ouvrant droit aux soins médicaux urgents, Anna bénéficiera de l'assistance médicale nécessaire dans le pays B en présentant sa carte européenne d'assurance maladie et sa carte d'identité.

      Elle sera traitée dans le pays B comme si elle y était assurée. Si le traitement est gratuit pour les personnes assurées dans ce pays, il le sera pour Anna aussi. S'il est payant et remboursé ensuite, Anna paiera le même montant que les assurés. Elle devra ensuite demander un remboursement dans le pays B, où elle bénéficiera du même taux que les assurés (le pays B contactera alors l'organisme d'assurance du pays A où Anna est assurée pour se faire rembourser).

      Attention: si Anna séjourne dans le pays B dans le seul but d'y accoucher, sa carte européenne d'assurance maladie pourrait être refusée: elle doit dans ce cas prendre les dispositions nécessaires pour son accouchement à l'étranger avant de se rendre dans le pays B. De cette façon, elle connaîtra précisément à l'avance les frais qui seront pris en charge.

    Demander la carte européenne d'assurance maladie

    Dans certains pays, la carte européenne d'assurance maladie et la carte nationale ne font qu'une. Dans d'autres, vous devez la demander. Elle est entièrement gratuite. Demandez-la à votre organisme d'assurance maladie avant de partir.

    Certains escrocs ont créé des sites web où vous pouvez commander une carte européenne d'assurance maladie moyennant finances. Il s'agit de sites frauduleux, ne les utilisez pas. Contactez directement votre organisme d'assurance maladie.

    En savoir plus sur la carte européenne d'assurance maladie dans les pays suivants:

    Allemagne pdf [236 KB] Deutsch

    Veuillez noter que la Commission européenne n'est pas responsable du contenu des sites web externes.

    Ce que la carte européenne d'assurance maladie ne couvre pas

    • La carte ne couvre pas le rapatriement. Si vous souhaitez pouvoir être rapatrié gratuitement en cas de maladie ou d'accident grave dans un autre pays de l'UE, vous devez souscrire une assurance distincte.
    • La carte européenne d'assurance maladie ne couvre pas non plus les soins de santé privés ou les frais d'un traitement médical programmé dans un autre pays de l'UE. Des règles différentes s'appliquent dans ce dernier cas.

    Assurance des membres de la famille

    Vérifiez auprès de votre organisme d'assurance maladie dans quelle mesure les membres de votre famille sont couverts, qu'ils voyagent avec vous ou restent à la maison pendant votre séjour à l'étranger. Les polices nationales d'assurance varient sur ce point.

    Coût d'un traitement imprévu à l'étranger

    La réglementation du pays où vous séjournez détermine si vous devez payer ou pas les soins de santé. Si les soins sont payants, vous devez demander à être remboursé dans le pays où vous les avez reçus. Si vous n'êtes pas en mesure de le faire durant votre séjour, vous pouvez demander le remboursement dans le pays où vous êtes assuré, à votre retour. La procédure de remboursement sera plus simple si vous présentez votre carte européenne d'assurance maladie au personnel médical chargé de votre traitement.

    Besoin d'aide?

    Vous n'avez pas trouvé l'information recherchée? Vous avez besoin d'aide pour résoudre un problème?

    http://ec.europa.eu/youreurope/citizens/health/unforeseen-treatments/short-visit/index_fr.htm

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  • La nutrition et le génome humain (2ème partie).

    Food TodayOn sait depuis quelque temps que des aliments et des nutriments particuliers peuvent affecter le fonctionnement de nos gènes. Nous savons tous qu'en consommant les mêmes types d'aliments, certaines personnes pourront présenter un excès pondéral, d'autres pourront développer des maladies cardiaques et/ou des allergies, tandis que d'autres ne subiront aucune complication. Ne serait-il pas merveilleux de savoir pourquoi? Les bénéfices escomptés des recherches sur la fonction des gènes sont nombreux : des avancées dans la conception d'aliments nutritifs et d'ingrédients fonctionnels spéciaux, des régimes alimentaires adaptés à chaque individu, et enfin des méthodes plus performantes pour prévenir les maladies liées au mode de vie.

    Des aliments fonctionnels sur mesure

    Les recherches sur le génome humain nous aideront à comprendre comment l'alimentation affecte nos gènes et pourquoi chaque individu réagit différemment aux nutriments ou aux régimes alimentaires. Il s'ensuivra le développement d'aliments possédant des effets nutritifs spécifiques, permettant de satisfaire les besoins particuliers de chaque individu. Avec leurs composants biologiquement actifs susceptibles d'améliorer la santé et de réduire les risques de maladies, ces aliments pourraient aider à neutraliser les effets de certains gènes, et même retarder le développement de certaines maladies chroniques ou de certains troubles de la santé.

    L’un des domaines les plus prometteurs est la recherche scientifique sur le vieillissement et les maladies. Des chercheurs ont par exemple découvert qu’une diminution de la quantité de calories absorbées pouvait augmenter la durée de vie de certains animaux de 30 à 40 %. Le mécanisme exact et la pertinence des résultats sur le vieillissement humain restent toutefois pratiquement inconnus jusqu’ici. La découverte du procédé par lequel la restriction calorique modifie la fonction des gènes humains pourrait ouvrir la voie à des méthodes diététiques permettant d’augmenter la durée de vie et d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées.

    La recherche sur les gènes (le génome humain) peut permettre d’identifier des moyens de concevoir des aliments spécifiques pour chaque individu, afin de rendre les régimes diététiques plus attirants, en en améliorant le goût ou en ajoutant des vertus diététiques aux aliments de base. Le rôle de certains micro-organismes sur le fonctionnement des intestins et sur l’état de la santé en général en est un exemple. La recherche génétique nous aidera à comprendre pourquoi certaines bactéries (certaines bactéries lactiques par exemple) semblent présenter des propriétés bénéfiques telles qu’une fonction immunitaire renforcée ou une amélioration de la santé gastro-intestinale. Mieux connaître les types de bactéries bénéfiques et leur action sur le système digestif amènerait également une meilleure connaissance des bactéries nocives présentes dans les intestins, ainsi que des intoxications dues à des infections (comme la salmonellose). A terme, on espère obtenir des aliments plus sûrs et plus nutritifs, avec une saveur accrue.

    L’examen de plantes et de micro-organismes pourrait également conduire à la découverte de nouveaux composants potentiellement bénéfiques pour la santé, et permettre d’identifier quels ingrédients fonctionnels agissent lorsqu’ils sont consommés séparément d’autres nutriments, et lesquels doivent être consommés en tant qu’aliment à part entière. Ainsi, nous pouvons nous attendre un jour à découvrir de nouveaux ingrédients et aliments bénéfiques pour la santé dans les supermarchés.

    Régimes personnalisés

    Bien que la politique de santé publique impose actuellement un ensemble de recommandations diététiques d’ordre général s’appliquant à toute la population, ces recommandations ne conviennent pas forcément à tout le monde. De nombreux exemples montrent comment des individus réagissent différemment à un même régime alimentaire. Par exemple, les besoins en vitamines et en minéraux varient selon les individus et leur âge. Les effets protecteurs et bénéfiques pour la santé des substances actives naturellement présentes dans les plantes, telles que les isoflavones, les flavonoïdes et le resveratrol, sont différents d’une personne à l’autre. Le sodium augmente la tension artérielle chez certaines personnes mais pas chez d’autres ; la capacité des fibres alimentaires à réduire le taux de cholestérol est aussi soumise à des influences génomiques.

    Il sera bientôt possible d’utiliser les tests génomiques pour dépister chez les individus la présence de gènes liés à certaines maladies ou affections et déterminer alors le régime alimentaire idéal d’une personne afin d’améliorer son état de santé. Il deviendra peut-être même banal pour les professionnels du secteur médical d’offrir des conseils diététiques sur mesure, basés sur les besoins d’un individu d’après les informations contenues dans ses gènes/son génome.

    Amélioration du diagnostic

    On sait depuis de nombreuses années que beaucoup de maladies ont une composante génétique. Les scientifiques ont déjà répertorié plus de 30 gènes liés à des maladies telles que le cancer du sein, les maladies musculaires, la surdité et la cécité.

    Les informations sur le génome humain permettent d’identifier le(s) gène(s) exact(s) qui influence(nt) la prédisposition d’un individu à une maladie, ainsi que divers biomarqueurs (indicateurs de risque de maladie). Par exemple, 5 à 10 % des cancers du sein ont un facteur génétique, ce qui signifie que les femmes ayant hérité d’un gène déficient à cet égard présentent un risque supérieur à la moyenne de développer un cancer du sein, ainsi qu’un cancer des ovaires. Les recherches génétiques vont identifier des moyens de détecter le gène déficient avant que la maladie ne se développe, de façon à prendre les mesures nécessaires pour aider à prévenir la maladie.

    De telles techniques peuvent être utilisées sur un nombre important de personnes pour dépister la présence de gènes ou de biomarqueurs liés à un risque de développement de certaines maladies ou pathologies. Une fois les personnes à risque identifiées, des mesures peuvent être prises pour prévenir ou détecter la maladie le plus tôt possible, lorsque les traitements sont les plus efficaces. Dans les cas où l’origine des maladies est due au régime alimentaire, ces interventions peuvent inclure des changements de régime alimentaire et/ou l’introduction de composants alimentaires spécifiques.

    Si la recherche génomique impressionne et parfois même inquiète certaines personnes, une meilleure compréhension des techniques employées et des bienfaits potentiels qui peuvent en découler démontrera qu’il s’agit d’un secteur qui connaîtra rapidement de nombreuses avancées, et qui conduira à des découvertes capitales dans le domaine de la nutrition et de la science alimentaire.

    Références

    • Roberts MA, Mutch DM and German JB. Genomics: food and nutrition. Current Opinion in Biotechnology 2001,12:516-522
    • Schiffrin EJ and Blum S. Food Processing: probiotic microorganisms for beneficial foods. Current Opinion in Biotechnology 2001, 12: 499-502
    • Verrips CT, Warmoeskerken MMCG and Post JA. General introduction to the importance of genomics in food biotechnology and nutrition. Current Opinion in Biotechnology 2001, 12: 483-487
    • http://www.eufic.org/article/fr/nutrition/nutrigenomique/artid/nutrition-genome-humain-2/
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  • Allergies aux aliments : les bronches également en cause

    Deux à 4 % des adultes sont allergiques à des aliments de nature diverse. Pour la première fois, des pneumologues français ont montré que ces allergies s'associent, dans plus de la moitié des cas chez l'adulte, à des modifications des bronches. Entre les allergies aux aliments et l'asthme, les différences seraient donc plus ténues...

     

    Les allergies alimentaires sont fréquentes. Chez les jeunes enfants, elles se développent souvent en réaction à des protéines du lait de vache, du blanc d’oeuf et à des substances contenues dans les cacahuètes. Chez les adultes, toutes sortes d’aliments peuvent être impliqués.

    Une étude chez 35 adultes allergiques aux fruits et aux légumes

    Le travail* mené par l'équipe du Pr. Benoît Wallaert à Lille, a été effectué chez 19 femmes et 16 hommes adultes, âgés en moyenne de 34 ans. Ces personnes présentaient toutes des allergies à des légumes comme les carottes, les céleris, les tomates ou à des fruits tels que les kiwis, les bananes, les pêches ou les fraises. Ces allergies se manifestaient par une maladie inflammatoire de la peau assez banale, l'urticaire, des troubles digestifs de type maux d'estomac ou diarrhée mais aussi parfois par des réactions plus graves comme un oedème du larynx ou même des signes de choc anaphylactique.

    Deux groupes de patients ont été constitués :

    • L’un ayant développé antérieurement une rhinite allergique ou un asthme, la maladie étant alors souvent en rapport avec des acariens, des animaux minuscules contenus dans les literies (16 personnes) ;
    • L’autre étant dépourvu de tels antécédents (19 sujets).

    L’allergie est d'origine alimentaire, mais les bronches sont aussi touchées

    Les pneumologues de Lille s’attendaient à ce que les adultes ayant présenté dans le passé un asthme ou un rhume allergique développent une réaction exagérée des bronches à l’administration d’une molécule, la méthacholine. Cette dernière provoque leur rétrécissement et, par voie de conséquence, une diminution des capacités d’expiration.

    Si ce test s’est avéré positif chez de tels patients, la surprise a concerné le second groupe. Bien que n’ayant jamais développé d’allergie respiratoire, ses membres présentaient une réactivité exagérée et durable des bronches dans des proportions assez élevées (10 réponses positives sur 19 dans cette population de malades, soit 53 %, contre 13 sur 16 dans le premier groupe de patients, soit 81 %).

    Les asthmatiques ont une muqueuse digestive plus réactive

    Pour le Pr. Benoît Wallaert, l'explication réside dans le fait “qu’une réponse commune de l’ensemble des muqueuses digestive et bronchique peut se développer face à un allergène”. En faveur de cette hypothèse, les données d’une étude effectuée il y a quatre ans par l’équipe lilloise. En effet, celle-ci avait montré que les asthmatiques présentent des anomalies de la muqueuse digestive et se plaignent souvent de problèmes gastro-intestinaux.

    Le phénomène pathologique se produit donc dans les deux sens. Les adultes allergiques à un aliment ont des bronches anormalement réactives, même s'ils ne se plaignent pas pour autant de difficulté à respirer. Et, symétriquement, les asthmatiques ont un tube digestif plus sensible à l’inflammation.

    Des perturbations de l'équilibre des cellules immunitaires pourraient expliquer cet état de fait chez ces deux types de patients allergiques.

    L’étude se poursuit

    “Les 35 adultes de l’étude vont aujourd’hui être suivis sur le plan clinique et respiratoire, notamment pour déterminer s’ils développent un asthme”, précise le Dr Thierry Perez qui a également participé à ce travail.

    La question à laquelle tentent de répondre les pneumologues de Lille est, en effet, de savoir si une réactivité exagérée des bronches sans antécédent de maladie respiratoire favorise, chez ces malades allergiques aux aliments, le développement ultérieur d’un asthme. Une réponse positive permettrait d’envisager un traitement préventif pour ces patients.

    Dr Corinne Tutin

    * European Respiratory Journal, decembre 2000, vol. 16, n° 6.

    Les traitements de l'allergie

    L'eczéma
    Asthme : trouvez un second souffle !

    Forum Rhinite allergique
     Forum Allergie et eczéma
    Forum Allergies alimentaires

    http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag1229/dossier/sa_3182_allergies_bronche.htm

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  • L

    Manger de la viande "éthique" : c'est possible !

    Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir manger de la viande issue d'animaux bien traités, de leur naissance à l'abattage, au-delà de la réglementation de base. Est-ce possible ? Si oui, quels labels garantissent une viande "éthique" ? Doctissimo a mené l'enquête.

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    Si vous êtes soucieux du bien-être des animaux élevés pour être mangés, achetez de la viande française ou européenne et surtout privilégiez les labels Label Rouge et Agriculture Biologique.

    Animaux d'élevage : réglementation française et européenne

    Viande éthiqueInterrogé sur le bien-être animal, Louis Orenga, directeur du Centre d'Information des Viandes (CIV), estime que "la réglementation sur le bien-être animal n'a jamais été aussi importante que ces dernières années". Il précise que "les critères sont définis avec des associations de protection animale et la réglementation française et européenne punit toute maltraitance sur les animaux pendant l'élevage et le transport". S'agissant des viandes provenant de pays hors Union Européenne, la façon dont les animaux sont traités ne nous est pas toujours connue. Il vaut donc mieux privilégier la viande provenant d'élevages français ou européens.

    Pour l'instant, l'origine est indiquée seulement sur la viande bovine mais le CIV espère que cela se fera sur les autres viandes. Attention aux produits dérivés : "Les consommateurs attachent de l'importance à la provenance de la viande brute mais n'ont pas les mêmes critères quand il s'agit de produits élaborés" déplore Louis Orenga. En effet, le plus souvent, vous ne savez pas d'où vient la viande hachée sur votre pizza…

    Cette réglementation européenne de base n'est pas suffisante pour les associations de protection des animaux : "Ce n'est pas parce que nous avons des normes que l'animal est dans un bien-être, on est loin du besoin des animaux" explique Aurélia Warin-Ramette, éthologue chargée de campagne de la Protection Mondiale des Animaux de Ferme (PMAF). Par exemple, l'élevage des poules en cage est légal…

    Achat de la viande : en boucherie ou en grande surface ?

    Pour consommer de la viande "éthique", vaut-il mieux acheter sa viande en boucherie qu'en grandes et moyennes surface (GMS) ? Pas forcément. "On trouve du Label Rouge dans les grandes surfaces" note Louis Orenga. "Il y a des bouchers qui ne savent pas d'où viennent leurs animaux" complète Aurélia Warin-Ramette. Cependant, pour les ruminants, les bouchers, en particulier ceux dans les villages, connaissent les producteurs. Vous pourrez donc les interroger sur les conditions d'élevage.

    En revanche, il vaut mieux aller chez le boucher si vous ne connaissez pas bien les morceaux : lui saura vous conseiller. En outre, en  boucherie, la viande bovine est issue de races à viande le plus souvent et non de races laitières, une garantie que l'animal ait été élevé en plein air.

    Label Rouge et Agriculture Biologique : de meilleures conditions de vie

    "Aujourd'hui, certains modes d'élevage obligent à des pratiques qui respectent les animaux" nous informe Aurélia Warin-Ramette. "Nous avons décrypté les cahiers des charges des labels Label Rouge et Agriculture Biologique : on y trouve l'indication de pratiques rendues obligatoires ou au contraire interdites pour mieux respecter le bien-être animal" indique-t-elle1.

    Les conditions d'élevage vont au-delà des réglementations minimum même s'il reste des points à améliorer. Ainsi, ces deux labels imposent un parcours extérieur pour quasiment toutes les espèces, parcours arboré pour le Label Rouge. "Cela change tout pour les animaux" souligne Aurélia Warin-Ramette. Quelques exceptions : le porc Label Rouge n'a pas des conditions différentes de celles d'autres élevages. Il vous faut acheter les labels Label Rouge fermier élevé en plein air ou Label Rouge élevé en liberté pour avoir de la viande issue d'animaux ayant eu un accès à l'extérieur. Les agneaux et veaux label Rouge n'ont pas d'accès au plein air non plus.

    "Un des grands points forts du Label Rouge est qu'il prend en compte la durée du temps de transport" ajoute cette éthologue. Autre avantage : le prix, un peu moins élevé que celui de la viande bio. Vous aurez juste des difficultés à trouver le Label Rouge pour certaines viandes, comme celle de porc. La PMAF conseille aussi d'acheter sa viande directement aux petits producteurs : "Ils ne sont pas labellisés mais sont très ouverts aux questions et vous pourrez aller voir sur place les conditions de vie des animaux" indique cette chargée de campagne.

    En ce qui concerne l'abattage des animaux, les choses sont différentes : "Il n'existe ni label ni cahier des charges prenant en compte le bien-être animal à l'abattoir" explique Aurélia Warin-Ramette. Cependant, quelques entreprises prennent de plus en plus à coeur d'aller plus loin" ajoute-t-elle. Parmi elles, l'entreprise Charal qui prend en compte le comportement de l'animal depuis le couloir jusqu'à l'abattage. "Ils ont ainsi rendu obligatoire l'étourdissement2 tout juste après la saignée dans le cas de l'abattage rituel : viande casher et halal" indique la chargée de campagne de la PMAF. Cette association pense que la prise en compte du bien-être de l'animal au moment de l'abattage va être de plus en plus une préoccupation.

    Les conditions de vie des animaux d'élevage en France :
    érences selon les espèces

    - Les bovins : pas d'élevage intensif.  80% des bovins passent la plus grande partie de leur vie dans les prés. La moyenne d'une exploitation française ? 50 bêtes. Seuls 10% des plus gros élevages comptent 500 animaux. Si vous achetez de la viande issue de race à viande (charolais, limousine), vous êtes sûrs à 99% que l'animal a été élevé en plein air.
    - Les veaux : ils ne sont plus dans des loges individuelles mais vivent dans des bâtiments plus spacieux en groupe (décision de l'Union Européenne, à la suite d'une campagne menée notamment en France par la PMAF). Ils sont séparés de leur mère très vite après la naissance, ce qui induit un stress important.
    - Les porcs : plus de 90 % d'entre eux sont élevés dans des bâtiments. En moyenne : 180 truies par élevage.
    - Les ovins : la plupart des ovins ont un accès fréquent au pâturage. "Les bergeries nous paraissent globalement "spacieuses", avec une densité acceptable et une litière systématique" indique la PMAF.
    - Les volailles : élevage intensif. Plus de 80 % des poules et la plupart des dindes sont élevées dans des bâtiments sans fenêtres

    Sources : CIV, PMAF

    Bien-être des animaux d'élevage : faut-il un label spécifique ?

    "On ne devrait pas utiliser en argument marketing la bientraitance animale" estime le Directeur du CIV. "Ce qui me gêne, c'est que cela voudrait dire que seuls certains animaux seraient bien traités" précise-t-il. Il prône plutôt une généralisation de l'amélioration des conditions de vie des animaux, objectivée par des recherches. Même idée au niveau de l'association Bleu Blanc Coeur, engagée dans une démarche nutritionnelle/santé : "Nous essayons d'avancer sur les bases biologiques du bien-être" confie Pierre Weill, co-Président de l'association.

    "Un label de bien-être animal tel le "freedom food" britannique serait une grande victoire" estime pour sa part Aurélia Warin-Ramette. Qui précise que la PMAF préfèrerait cependant une meilleure intégration des besoins des animaux dans les cahiers des charges existant, soit des labels globalisés : bio/écologique/bien-être animal. "Il y aurait ainsi une notion de respect général, c'est cela la viande éthique" conclut-elle. Cette association souhaite que le marché de niche respectueux du bien-être animal se développe et que dans le même temps, le bien-être des animaux d'élevage se généralise pour toutes les productions. "Nous sommes plutôt optimistes : les consommateurs sont de plus en plus soucieux du bien-être animal" explique la chargée de campagne. "L'avenir de la viande passera par une compréhension du bien-être animal" confirme Louis Orenga. Soyons donc optimistes et encourageons cette évolution par nos choix de consommation.

    Anne-Sophie Glover-Bondeau, le 3 juin 2011

    1 - Analyse du contenu des cahiers des charges 
    2 - Etourdissement : fait de faire perdre conscience à l'animal avant la saignée, de façon artificielle avec une machine. L'étourdissement est rendu obligatoire par les normes européennes, excepté en ce qui concerne la viande halal ou casher.

    Sources :

    - Site de la Protection Mondiale des Animaux de Ferme (PMAF)
    Vous y trouverez des fiches-repères pour chaque espèce ainsi que pour les œufs

    - Centre d'Information des Viandes (CIV) :
    Pour s'informer sur la réglementation, les conditions d'élevage en France, les signes de qualité, les valeurs nutritionnelles des viandes…

    Viandes et charcuteries
    Devenir un consomm'acteur

     Forum Manger bio
     Forum libre nutrition
     Forum labels bio et écologiques

    http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/aliments/articles/15128-viande-ethique.htm

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  • Le don du sang en questions

    Comment donner son sang ? Qui peut donner son sang ? Où effectuer un don ? A qui ce sang est-il utile ?... Découvrez toutes les réponses à ces questions.

    Don de sang : Pour qui ?

    Les accidentés de la route, les patients souffrant de maladies graves (leucémies, cancers), les hémophiles, les nourrissons qui naissent avec un sang incompatible... sont directement concernés par le don du sang et souvent, leur vie en dépend. Un accidenté peut avoir besoin du sang de trente personnes.

    Don de sang : Pourquoi ?

    Même si la France est autosuffisante, il y a des régions où la pénurie est quasi constante : l'Ile de France, la région Lyonnaise et le Grand Sud. Par ailleurs, les besoins des malades continuent à augmenter (+5 % en 2007) alors que le don ne progresse pas dans les mêmes proportions. Auparavant épisodiques, les périodes de tension concernant le niveau de stocks de sang sont de plus en plus fréquentes. La moyenne française de dons par rapport à la population est d'environ 4 %.

    Comment donner son sang ?Don de sang

    Chaque don est précédé d'une inscription administrative et d'un entretien avec un médecin. Cet entretien, confidentiel et couvert par le secret médical, permet au praticien de s'assurer que vous ne prenez aucun risque, ni pour vous-même, ni pour le receveur.

    Le prélèvement dure entre 8 et 10 min et permet de prélever 450 ml de sang. Les tests de dépistage des maladies transmissibles par le sang sont pratiqués sur chaque don. Après un don vous êtes accueilli dans l'espace repos où une collation vous est offerte.

    Qui peut donner son sang ?

    Pour pouvoir donner son sang, il faut être en bonne santé, avoir plus de 18 ans et être en bonne santé, pas plus 3 dons par an pour les femmes, 5 dons par an pour les hommes avec toujours avec un intervalle minimum de 2 mois entre chaque don, ne pas avoir été soi-même transfusé ou greffé.

    Si un document d'information pré-don est remis au candidat, ce n'est qu'après un entretien médical obligatoire que le candidat est accepté ou non. Le médecin prend alors en compte tous les éléments qui pourraient compromettre la santé du donneur (hypertension artérielle...) et celle du receveur (par exemple, risque de transmission d'une maladie infectieuse : gastroentérite, hépatites, Sida, paludisme ; risque de maladie de Creutzfeld -Jakob...) ainsi que la prise en compte des données épidémiologiques comme la fréquence de certaines maladies infectieuses dans des groupes de personnes ou dans des pays. Ainsi, de nombreuses raisons peuvent l'amener à ne pas autoriser le prélèvement. Dans tous les cas, la sincérité au cours de l'examen médical est très importante pour la sécurité du malade qui recevra le sang.

    Où donner son sang ?

    Cliquez sur le site de l'EFS (Etablissement français du sang) pour connaître les collectes mobiles ou les sites fixes (hôpitaux) : www.dondusang.net

    Christel Patez, février 2010

    Source : Ministère de la santé, Etablissement Français du sang 

    Le don du sang en pratique

    Etablissement français du sang
    www.dondusang.net

    Les groupes sanguins
    Drépanocytose
    Méthémoglobinémie de l'enfant

    Découvrez dans notre dictionnaire médical le glossaire d'hématologie

     Forum Santé
     Forum Don de sang, de plasma, de moelle

    http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/don-de-sang/articles/14209-don-sang.htm

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  • Les maatjes, un aliment santé

    maatjes

    La pêche aux maatjes a commencé. Après le nettoyage et le salage des harengs, plus la peine de les congeler, ils peuvent être conservés ainsi durant de nombreux mois. Vous pourrez consommer des « Hollandse Nieuwe » toute l’année et bénéficier des vertus de ce poisson riche en oméga 3.

    Chaque année, quelque 30 millions de harengs – sur 200 millions – sont transformés en maatjes. Ainsi 15 millions de harengs sont ainsi vendus dans notre pays. Cette année, ils sont de très bonne qualité, selon les spécialistes. Ils sont bien tendres et légèrement amers.

    Hollandse Nieuwe

    Ce qu’en Belgique, nous appelons communément les maatjes sont pour nos voisins du nord les “Hollandse Nieuwe”. Cela n’a rien à voir avec la nationalité des pêcheurs qui ont ramener les poissons mais bien avec le processus de fabrication. Durant 6 ans, de 1977 à 1983, la pêche aux harengs fut fermée en mer du Nord. Durant cette période, la pêche et la transformation des harengs a complètement déménagé au Danemark et en Norvège.

    Les harengs vivent des cycles d’un an. En hiver, le hareng maigrit vu la faible quantité d’aliments dans la mer. Au printemps, lorsque le plancton se développe, il va s'épaissir. Il va prendre environ un quart de son poids en graisse. Ce qui en fait un des poissons les plus gras consommés à cette période, mais attention, pas de panique, il s’agit de bonne graisse, produisant du bon cholestérol qui luttera contre le mauvais cholestérol.
    Les harengs vivent en bancs de centaines de milliers d’individus et se nourrissent de plancton et des petits animaux de la mer. Après deux à trois ans, le hareng atteint sa maturité.


    Les harengs sont pêchés toute l’année mais en réalité c’est seulement entre la mi-mai et la fin juin que les poissons sont transformés en maatjes. A cette période, les harengs sont suffisamment gras et n’ont pas encore eu d’oeufs.  Le nom « maatjes » est une altération de “maagdje”, car le poisson est encore “vierge”, il n’a pas encore entamé son cycle de reproduction.

    Les harengs pêchés plus tard dans l’année sont utilisés pour être fumés, marinés ou mis en conserve.

    La transformation

    Dans la plupart des cas, le hareng est congelé sur le bateau puis une fois au sol, il est nettoyé, et ensuite séché, salé ou saumuré.
     
    Lors du nettoyage, on enlève, les branchies, les viscères et la gorge du poisson. Le pancréas reste en place. Ce dernier produit un enzyme qui permet au hareng d’assimiler sa nourriture. Après la mort du hareng, cet enzyme transforme les protéines du poisson. C’est de cette façon que les Hollandse Nieuwe obtiennent ce goût, cette odeur et cette texture. 

    Le salage est fait dans une solution salée d’eau de mer. La salaison dépend de la taille du poisson, sa teneur en graisse, sa température et selon le goût de l’acheteur.   Dans la saumure, commence un lent processus de maturation contrôlée, qui dépendra également du goût désiré.

    Ensuite, les harengs sont congelés dans la saumure. Les harengs peuvent contenir des parasites connus, à savoir le ver du hareng. Ce ver, qui peut survivre plusieurs semaines dans la saumure, est très dangereux pour l’homme. Il peut entraîner des problèmes de santé très graves. C’est pour cela que le hareng doit d’abord avoir été congelé.


    En dehors des maatjes

    En dehors de la saison des maatjes, la pêche aux harengs continue. Les harengs moins gras seront alors préparés d’une autre manière.

    Rolmops : le hareng pêché juste après la saison et mariné.
    Hareng frais : le hareng cuit qui est ensuite plongé dans le vinaigre.
    Gendarmes : harengs saurs salés pendant un minimum de 9 jours et fumés pendant 10 à 18 heures.
    Le hareng saur: le hareng fumé chaud ou froid.
    Le Kipper: le hareng  est ouvert par les dos, éviscéré, lavé et salé, mariné pendant 1 à 2 heures et légèrement fumé à froid.

    Un poisson bon pour la santé

    En Hollande, la sagesse populaire dit : 'Haring in het land, dokter aan de kant' ce qui signifie en substance “Du hareng dans le pays, le docteur reste au coin” Le hareng contient en grande partie des protéines et contient des acides gras insaturés riches en oméga 3. Ces omégas 3 réduisent les risques de maladies cardiaques et a un effet favorable sur le cerveau et le système nerveux.

    Pour 100 grammes, un hareng contient en moyenne 16 grammes de graisses et 18 grammes de protéines. La teneur en graisse dépend du moment de la pêche. Dans des conditions favorables, le hareng peut s’engraisser chaque jour de 2 % au point d’obtenir un quart de son poids en graisse.

    Avec quelle boisson ?

    Le goût onctueux et salé des maatjes n’est pas toujours évident à combiner avec une boisson. Le genièvre, la vodka et l’aquavit sont les plus populaires. Mais également les bières blanches se marient bien au goût amer du hareng. Le Xerès ou le cidre peuvent également être appropriés. Avec les vins, c’est plus compliqué, hormis peut-être un petit muscadet de la Loire.

     

     

     


    Auteur: Leen Baekelandt | Mise en ligne: 03-06-2011 | Mise à jour: 03-06-2011
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